L’OSM accepte son nouvel orgue

L’organiste émérite de l’OSM, Olivier Latry, dit avoir travaillé durement pour faire de cet orgue un instrument « viril » et polyvalent, adapté au jeu d’un orchestre.
Photo: Michaël Monnier - Le Devoir L’organiste émérite de l’OSM, Olivier Latry, dit avoir travaillé durement pour faire de cet orgue un instrument « viril » et polyvalent, adapté au jeu d’un orchestre.

Le contrat liant Casavant Frères et l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour la réalisation du grand orgue Pierre-Béique a été officiellement réalisé jeudi, lors d’une cérémonie dite d’acceptation. De concert avec les facteurs de l’entreprise québécoise, l’organiste émérite de l’OSM, Olivier Latry, dit avoir travaillé durement pour en faire un instrument « viril » et polyvalent, adapté au jeu d’un orchestre.

 

Les annonces entourant le grand orgue Pierre-Béique, qui ornera la Maison symphonique, se sont multipliées depuis quelques années, le premier comité ayant été mis sur pied en novembre 2006, a rappelé jeudi Madeleine Careau, la chef de la direction de l’OSM. Mais cette fois-ci, grâce aux doigts — et aux pieds ! — de M. Latry, l’instrument fonctionnel a pu pousser plusieurs notes, des plus subtiles aux plus décoiffantes.

 

« Ça ne se dit peut-être pas, mais c’est un orgue viril, absolument, lance Olivier Latry. En fait, je crois que c’est un orgue aux multiples caractères, réellement. Il peut avoir ce côté extrêmement imposant et il peut être extrêmement doux. Il a une palette de possibilités qui va permettre d’accompagner toutes les possibilités de l’orchestre. Et c’est vraiment ce qu’on a recherché. »

 

Un orgue d’orchestre avec un accent français

 

On peut dire que le grand orgue Pierre-Béique, nommé en hommage au fondateur et premier directeur général de l’OSM, n’est pas le genre d’instrument qui se livre clé en main, la bête comptant 6489tuyaux ayant dû subir une série de travaux d’harmonisation.

 

Olivier Latry, qui est titulaire du grand orgue de Notre-Dame de Paris, a passé plusieurs nuits avec l’équipe de Casavant Frères, profitant du silence nocturne pour tester l’orgue numéroté 3900, et l’amener à devenir un orgue adapté à un orchestre. « J’ai vraiment été très impressionné de ce que Casavant a réalisé sur cet instrument. Je dois confesser qu’au départ, je n’étais pas persuadé qu’on arriverait à ce résultat, et je suis content aujourd’hui de pouvoir dire le contraire. […] Il n’a pas été rare que je dise : “ Non, il faut qu’on change, c’est pas ce son-là que je veux sur ce clavier ”. Des tuyaux nouveaux ont été reconstruits pour parvenir au but qu’on s’était fixé. Ils ont été à l’écoute pendant toutes ces années, ils ont évolué et moi aussi d’ailleurs, je dois le dire ! »

 

Beaucoup de travail a été abattu pour améliorer la qualité du son et l’harmonisation, notamment avec les cuivres de l’orchestre. C’est qu’à la base, l’orgue Pierre-Béique parlait un peu du nez, résume M. Latry, expliquant en quelque sorte que Casavant fabriquait des instruments à l’image de la langue du continent nord-américain. « On a essayé de faire parler cet orgue un tout petit peu plus français, pour certaines choses, notamment pour les anches, dont je suis très fier. Leur son leur permet maintenant de se marier davantage avec l’orchestre. »

 

Maintenant débute le rodage du grand orgue de l’OSM, phase qui se conclura lors du concert inaugural le 28 mai qui vient. Madeleine Careau a par ailleurs annoncé qu’après que « des voix [se sont] faites entendre pour qu’un artiste de chez nous soit le premier à jouer sur notre orgue », une création a été commandée au Montréalais de naissance Samy Moussa, oeuvre qui sera faite à la générale le 27 mai, avant d’être jouée par l’organiste en résidence Jean-Willy Kunz le 29 mai et le 1er juin. Une journée porte ouverte aura aussi lieu le 31 mai.

 


1 commentaire
  • Mario Laprise - Abonné 17 janvier 2014 17 h 08

    Savoir faire

    On devrait se féliciter de ce bel ouvrage plutôt que de gaspiller sa salive à propos des signes ostentatoires.

    La musique unit les personnes, les croyances et les valeurs.

    Vivement, allons écouter ce grand instrument construit ici par des artisans de St-Hyacinte et des environs !