Les meilleurs disques québécois de 2013 - L’année où j’ai tant aimé les sœurs Boulay

Stéphanie et Mélanie Boulay
Photo: Marie-Hélène Tremblay - Le Devoir Stéphanie et Mélanie Boulay
Plus que jamais, j’ai résisté à la tyrannie de la nouveauté en chérissant des albums toute l’année. Ça laisse quand même un tas de bons disques en plan — les deux de Pierre Lapointe, ceux fort beaux de Laurence Hélie et Sylvie Paquette, la flambée rock’n’roll des Howlin’Hound Dogs, Lyse & The Hot Kitchen, Israel Proulx et autres Surftronics, les célébrés de Half Moon Run, Jimmy Hunt, Arcade Fire, Keith Kouna, les minialbums d’Avec pas d’casque et des Dear Criminals…

1. Les sœurs Boulay, Le poids des confettis. Le 4 mars, je me répandais à travers Facebook: «Y a des chansons, j’arrête au milieu tellement ça dit les vraies affaires. J’inhale, j’exhale une couple de coups, et puis je continue. Intense et doux à la fois. Beau rare.» Le lendemain: «Deuxième pleine soirée avec le disque exutoire de Stéphanie et Mélanie Boulay: je pense que j’ai écouté Sac d’école 23 fois de suite avant de pouvoir continuer. Eh ! Les sœurs, je vous serrerais dans mes bras, et c’est juste si on se connaît de vue.» Douze shows et 112 écoutes plus tard (au moins !), je sais ceci: mon monde a été chamboulé en 2013, et ces chansons d’émotions fortes et d’affirmation de soi, et les sœurs elles-mêmes, m’ont suivi partout. Et il en sera ainsi toute ma vie. Toutes NOS vies.

2. David Marin, Le choix de l’embarras. Ce serait trop facile et injuste de dire que c’est le meilleur de Richard Desjardins multiplié par le meilleur de Karkwa. C’est plutôt un deuxième très grand album pour le rapaillé des Rapaillés, des chansons au verbe plus que maîtrisé, extraordinairement mises en valeur par Marin, Louis-Jean Cormier et Pierre Fortin. Trois créateurs libres et alliés, nourrissant le grand-œuvre, ça donne ça.

3. Émile Proulx-Cloutier, Aimer les monstres. Premier album? Grande claque de la fin de l’année, oui. Une capacité d’évocation époustouflante, de la noirceur et de la lumière, un sens aigu du fil narratif, une voix, c’est tout ça et plus. Les habits du chanteur Émile sont des révélateurs de ce qui, chez lui, ne serait pas sorti autrement.

4. Daniel Bélanger, Chic de ville. Après la griserie des chœurs gospel pour Belles-sœurs, le grisonnant ti-gars s’est dit: «Et si je faisais une chanson en mi et que je restais en mi? Un mi à 50 ans, c’est pas la même chose qu’un mi à 16 ans. Avec tout mon bagage, j’ai eu envie d’un mi que j’aurais choisi. Mon mi. Mon beau grand mi d’amour.» Et on a eu cet album rockabilly, et on en a joui.
 
5. Mountain Daisies et invités, L’Open country. Un album live en studio pour prolonger le plaisir de ce jamboree mensuel du Verre Bouteille. Le disque, c’est presque être là : treize invités, deux heures et demie par chanson, tout le monde en même temps, les voix, les harmonies, les instruments, pas d’ajouts et advienne que pourra. Et ils ont pu, heeee-haw!

6. Michel Rivard, Roi de rien. Presque 40 ans après le premier Beau Dommage en amour d’ado avec Montréal, ç’a quelque chose d’un état présent. Me voici, me revoilà, mon nom est encore Michel Rivard et voici mon nouvel album, salut le Plateau, qu’es-tu devenu? Tout est bon à Rivard pour évoquer ce Montréal de maintenant, qu’il voit, vit, arpente, aime. Une boucle bouclée, une façon d’avancer.

7. Vincent Vallières, Fabriquer l’aube. «Mon album, c’est pas un trip indie, me disait Vallières. Je veux faire des chansons qu’on a envie de chanter, mais je veux aussi qu’en écoutant une des mes chansons à la radio en finissant de travailler, les gens aient plus d’espoir que d’inquiétudes. Et moi aussi.» Et il y est parvenu. Ce type, c’est notre Springsteen, y a pas d’autre comparaison qui tienne..

8. Sunny Duval, Amour d’amour. Oui, l’amour unit le monde. L’amour de la musique, de Lafayette à la rue Ontario Est, des sources du rock aux nuits du DJ. Et l’amour de l’amour, célébré sur le troisième album solo de l’oiseau de nuit. Quand Sunny proclame l’amour, on aime !

9. Mario Peluso, Juste un autre beau rêveur. Ce sixième album de Mario Peluso est au moins aussi réussi, poignant et valeureusement country-folk-rock que les cinq autres. Meilleur, même, bon comme un bon Neil Young: presque toutes des chansons d’écorché vif, véritables prières de la désillusion.

10. Maison Brume, La vie sabbatique. C’est une maison qui flotte, genre péniche. Ça navigue au violoncelle de Mariane Bertrand, ça tient sur la basse-bouée d’Étienne Dupray, ça transporte la voix susurrée et les chansons délicates de Florian Seraul, et on se laisse emporter. Ce minialbum, le deuxième du jeune groupe, a fait ma fin d’été, et on se souvient toujours de son disque préféré de fin d’été.

Écoutez une pièce de chacun des artistes de ce palmarès
2 commentaires
  • Jean-Marc Lord - Inscrit 18 décembre 2013 01 h 27

    mention honorable Jordan Officer

    aussi pour le EP ( en français ca serait comment ? ) de Jordan Officier. le résident gratteux de guirare du Québec à New York, pour 6 mois. Juste parce qu"il est formidable,,,,,

  • J.M. Desrosiers - Inscrit 18 décembre 2013 23 h 50

    Mention honorable Joe Bocan

    Mon album coup de cœur, c’est celui de Joe Bocan « La Loupe ». Les textes sont forts et les musiques vraiment originales et ça se démarquent avec tout ce que j’ai entendu cette année ici et hors Québec! « Les désordres du Cœur » musique de Pierre Lapointe est ma chanson préférée. Et il y a aussi En p'tits morceaux, Bulldozers, Une petite maison… Un album surprenant et audacieux, réalisé par les frères Grand. Ouff ! Quelle talent ces gars! Un retour en force de la grande dame! Merci Marie pour ce beau cadeau d’anniversaire!