Disque – Étienne Daho, Les chansons de l'innocence retrouvée

Le bel Étienne, sauvé in extremis d’une péritonite maudite, revient revigoré, rajeuni, à 57 ans, plus maître que jamais de sa chanson pop, renouant avec la suave indolence de Paris ailleurs, l’album qui se déhanchait tout seul, rappelez-vous : l’expérience sensorielle de 1991, le disque de Saudade, le concert au Spectrum, le va-et-vient entre nos reins. Nous y revoilà. Dès Le baiser du destin, Daho nous embrasse, nous embrase, nous ramène à la transe de départ : ces cordes qui serpentent, ce groove en apesanteur, ce timbre impossiblement doux (il chante sans en avoir l’air, c’est un don), cette mélodie qui tourne et tourne autour de deux, trois notes pénétrantes, c’est notre Étienne à la rencontre de lui-même. Guitare jamesbondienne (En surface), jingle-jangle hypnotique (La peau dure), participations signées et significatives (Nile Rodgers soulman de luxe pour Les torrents défendus, Debbie Harry cool et cultissime pour L’étrangère), on retrouve tout. Jouissivement.

 

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