Spotify lève une partie du voile sur ce qu’il verse aux artistes

Stockholm – Le numéro un mondial de l’écoute de musique en ligne (streaming), le suédois Spotify, a révélé mardi pour la première fois les montants reversés aux détenteurs de droits : environ un demi-centime d’euro par chanson écoutée.

 

Sur le site Internet Spotifyartists.com, l’entreprise a indiqué que la somme dépendait de plusieurs « variables » : d’une part, le pourcentage de redevances négociées pour l’artiste, et d’autre part, ses auditeurs, selon le pays d’où ils écoutent la chanson et s’ils paient ou non un abonnement.

 

« Récemment, ces variables ont amené à un paiement moyen par diffusion aux détenteurs des droits compris entre 0,006 et 0,0084 , a écrit Spotify.

 

Ces détenteurs de droits comprennent l’artiste et son producteur et/ou sa maison de disque.

 

Pour donner une idée de la part de l’artiste seul, qui « varie en fonction des territoires conformément aux lois locales et aux accords négociés », Spotify a donné l’exemple des États-Unis, où le cadre réglementaire fait qu’elle est d’environ 21 %.

 

En d’autres termes, un artiste américain dont la chanson a été écoutée un million de fois touche en moyenne quelque 1500 $.

 

Spotify a relativisé l’importance du chiffre.

 

« Spotify ne calcule pas les redevances sur la base d’un taux fixe par diffusion. Bien que beaucoup de débats publics aient amené des spéculations sur un tel taux, nos versements aux artistes pris individuellement ont énormément augmenté avec le temps du fait de la croissance de notre nombre d’utilisateurs, et ils continueront à le faire », a-t-il écrit.

 

Lancé par deux Suédois en 2006, Spotify n’a pas encore réussi à engranger de profits. En 2012, sa perte nette a été de 58,7 millions d’euros (environ 84,9 millions $CAN) pour un chiffre d’affaires de 434,7 millions d’euros (environ 629 millions $CAN).

 

Son plus grand concurrent, l’américain Pandora, a déjà fait état de bénéfices trimestriels. Et le français Deezer, beaucoup plus petit, assure être rentable « depuis fin 2010 ».

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