Concerts classiques - Légende vivante

La légende est vivante et bien vivante. Le Festival Bach a pris des risques et réussi un grand coup, en prélude à son édition 2013, en faisant venir à Montréal le Choeur de saint Thomas de Leipzig (Thomanerchor), une maîtrise créée au XIIIe siècle et dont Bach fut le plus célèbre directeur musical. Une basilique très remplie a ovationné les jeunes chanteurs.

 

Ce que nous avons entendu jeudi soir est le fruit d’un travail exceptionnel et se distingue nettement d’autres manécanteries, par exemple anglaises. Le Thomanerchor, sous la direction de l’excellent Cantor Biller, ne « vend pas de la voix blanche » ; il fait de la musique. Aucun son criard ou dur n’émane de cet ensemble. La rondeur et le fondu sont exceptionnels. On réécouterait en boucle ce Et in terra pax du Gloria de Vivaldi avec de sublimes couleurs dans la grande montée des sopranos. Autres défauts habituels des choeurs d’enfants auxquels on échappe ici : les notes raccourcies et les rythmes fuyants.

 

La direction de Biller donne beaucoup de carrure et d’articulation, notamment dans un motet « Singet dem Herrn » irradiant. Tout est préparé, prémédité, assimilé et mûri. Tout est aussi d’une grande noblesse (choeur final de la Cantate BWV 150).

 

Les Cantates 150 et 196 sont chantées par un demi-choeur, le reste par le tutti. Cerise sur le gâteau : les solos, tenus par les enfants, justes et mesurés, avec aux sommets le synchronisme des deux garçons de l’Esurientes du Magnificat et le formidable alto solo dans le Gloria de Vivaldi.

 

Une très belle soirée, vraiment…

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