Kent Nagano a les coudées franches jusqu'en 2020 avec l'OSM

Lucien Bouchard, président du conseil d’administration de l’OSM, et la vice-présidente, Marie-Josée Nadeau, entourant Kent Nagano, lors de la conférence de presse annonçant que le maestro a accepté une prolongation de contrat jusqu’en 2020, lundi à Montréal.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Lucien Bouchard, président du conseil d’administration de l’OSM, et la vice-présidente, Marie-Josée Nadeau, entourant Kent Nagano, lors de la conférence de presse annonçant que le maestro a accepté une prolongation de contrat jusqu’en 2020, lundi à Montréal.
L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a coupé court aux rumeurs malsaines entourant un possible départ de Kent Nagano en 2016 en annonçant lundi la prolongation du contrat du directeur musical jusqu’en 2020.

Le président du conseil d’administration, Lucien Bouchard, avait donné mandat à sa vice-présidente, Marie-Josée Nadeau, dès 2012, d’étudier « l’après-2016 » de l’OSM. « Compte tenu du succès de Kent Nagano à Montréal, il apparaissait naturel de vérifier en premier son intérêt à continuer », a dit cette dernière lors d’une conférence de presse. Lucien Bouchard, lui, a parlé du « niveau jamais atteint auparavant » de l’orchestre et du fait que Kent Nagano était, ici, « l’ami de tous, très engagé dans les milieux caritatifs et communautaires ». Il s’est ouvertement réjoui du fait que Kent Nagano serait, à la barre de l’OSM, le chef d’orchestre à la tête des célébrations entourant, en 2017, le 375e anniversaire de la fondation de Montréal.

Cette prolongation du contrat du directeur musical ouvrira donc la troisième phase liant Kent Nagano à l’OSM. Le contrat initial, de 2006 à 2011, avait été suivi d’un contrat de trois ans, avec une option de deux ans supplémentaires. Cette option ayant été exercée, le chef était contractuellement lié jusqu’en 2016. Le nouveau contrat est donc de quatre années. Il est reconduit selon les mêmes conditions, ce qui signifie pour chaque saison une présence de 14 semaines à Montréal augmentées des semaines d’enregistrements et de tournées. C’est donc un lien très étroit qui lie les deux parties. Kent Nagano se voit ainsi logé à la même enseigne qu’un Manfred Honeck à Pittsburgh : il a les coudées franches et six saisons devant lui. Cette marque de confiance est majeure.

Visiblement ému et heureux, Kent Nagano n’a jamais tenu son renouvellement pour acquis : « L’artiste ne doit jamais espérer ; il doit laisser évoluer les choses »… La prochaine étape des modifications majeures engendrées par la présence de ce chef dans notre environnement sera, en mai 2014, l’inauguration de l’orgue Pierre-Béïque, défini lundi par Kent Nagano comme « le plus avancé du monde », car « très unique par ses capacités techniques tout en préservant la tradition ». Au-delà, le chef poursuivra le travail sur le raffinement sonore et la flexibilité de l’orchestre, dont nous avons eu un exemple impressionnant la semaine dernière. Mais il lui faudra intensifier les discussions en cours avec les musiciens et divers partenaires sur la pérennisation et la diffusion de cette expertise à une époque où les compressions budgétaires à Radio-Canada ont dangereusement réduit le nombre des captations de concerts.

Au-delà, l’ambition principale sera l’établissement d’une structure pérenne de transmission du savoir-faire orchestral aux jeunes générations. C’est très vraisemblablement à ce projet auquel Kent Nagano pensait, en disant que ce 
nouveau contrat « donne une chance » de voir réaliser ses « nouveaux rêves », de ceux qui, dans ses propres mots, « vont placer le Québec dans le leadership du monde ».

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