Concerts classiques - La douceur des pommes bleues

En une semaine nous avons pu entendre les trois orchestres de chambre de la métropole : Appassionata, I Musici et Orchestre de chambre McGill — considérant que l’Orchestre de chambre de Montréal de Wanda Kaluzny ne joue pas dans la même catégorie et qu’Arion a une typicité baroque distinctive.

De ce que nous avons entendu hier soir, le temps est loin où l’Orchestre de chambre McGill pouvait rêver de disputer la suprématie aux Musici. En termes de tenue, d’homogénéité, de couleurs et d’intonation, l’ensemble de Boris Brott, nouvellement fait Docteur honoris causa de l’Université McGill, se situe entre Appassionata et I Musici, bien plus près d’Appassionata, appelant les qualificatifs « honorable » et « appliqué ».

Une soirée à l’Orchestre de chambre McGill se distingue toutefois par un public assez dissipé et bavard, qui applaudit tout le temps, et par un chef qui aime les facéties, du genre dodeliner du postérieur, et joue au chef de claque pendant les applaudissements. C’est, disons, un « genre »…

Le programme d’hier avait un titre étrange pour un menu n’ayant, à une exception près, rien à voir avec Lisbonne et faisant l’impasse sur les deux grands créateurs portuguais, Luis de Freitas Branco et son élève Joly Braga Santos, tous deux aussi admirables qu’injustement méconnus.

On n’en retient pas grand-chose, entre les poèmes niaiseux mis en musique par Granados et une suite structurellement bancale d’après Sarasate. Reste l’arrangement de Simon Leclerc de l’air traditionnel Duas Lagrimas de Orvalho et deux jolis madrigaux (III et IV) de Rodrigo.

Marie-José Lord a de l’étoffe dans son médium, un vibrato serré et des sons couverts qu’on aime ou non dans cette musique. Elle énonce la fin de la Cantilène de Villa-Lobos sur les résonateurs et se tire bien des intervalles escarpés de Rodrigo.

Ah, oui ! Le titre du compte rendu ? Comme celui du concert : ne cherchez pas le rapport.

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