Festival Akousma X - La poésie sonore d’une manifestation en cours

La compositrice Monique Jean présentera jeudi soir l’œuvre sonore T.A.G. dans le cadre d’Akousma X.
Photo: Akousma X La compositrice Monique Jean présentera jeudi soir l’œuvre sonore T.A.G. dans le cadre d’Akousma X.

La poésie peut être dans tout, y compris dans une foule d’indignés qui marchent dans une rue. En 25 minutes et avec le soutien de 42 haut-parleurs, la compositrice Monique Jean va d’ailleurs en faire la démonstration avec une nouvelle création sonore livrée, jeudi soir, en grande première, dans le cadre d’Akousma X, le festival de musiques numériques immersives qui, du 23 au 26 octobre, expose à Montréal sa 10e édition. Baptisée T.A.G., pour Trottoir, Asphalte, Goudron, l’oeuvre sonore s’inspire d’un certain printemps, comme pour mieux en extraire la musicalité de l’engagement.

 

« En musique électroacoustique, on fait oeuvre de poète, lance à l’autre bout du fil l’alchimiste des textures sonores. Engagée ? Cette composition l’est, mais sans préméditation. Elle témoigne d’un moment de l’histoire récente. Elle reconnaît l’importance des mouvements citoyens, mais également le fait qu’ils changent des choses, transforment, et peuvent laisser des traces à bien des endroits », même dans une pièce musicale nourrissant le courant électroacoustique.

 

Impressionniste et décalée plus que documentaire et incarnée, T.A.G., qui ne contient que des sons de synthèse et aucun son réel puisé dans une véritable foule, se veut la traduction sonore de l’énergie d’une manifestation, de son organisation chaotique et organique, de ses mouvements qui « partent toujours d’un espace vide, comme une place publique, qui se remplit doucement pour ensuite laisser la place à un déferlement, puis à une dispersion et à un retour au vide », dit l’artiste spécialiste des compositions brutes qui souvent explorent la place du corps dans l’espace.

 

« La manifestation, c’est un geste direct et improvisé, dit-elle, et c’est l’esprit que je voulais conserver dans cette composition qui se dévoile comme des sons en train de se faire au moment où on les écoute. C’est brut, spontané, à l’image de l’objet qui en oriente la structure et l’organisation ». T.A.G. est présenté un soir seulement sur la scène de l’Usine C, où ce festival installe sa construction sonore de la réalité, et surtout son ensemble de propositions artistiques atypiques qui cherchent à faire entrer des images par les oreilles.