Mariza à Montréal, en puissance, avec ou sans retenue

En 2011, Mariza a fait paraître Fado Tradicional, qu’elle a réalisé en appui à la demande des Portugais pour faire reconnaître le fado en tant que patrimoine immatériel de l’humanité : une requête acceptée par l’UNESCO.
Photo: CAMImusic En 2011, Mariza a fait paraître Fado Tradicional, qu’elle a réalisé en appui à la demande des Portugais pour faire reconnaître le fado en tant que patrimoine immatériel de l’humanité : une requête acceptée par l’UNESCO.

Au coeur du renouveau du fado sur la scène internationale, Mariza transmet une telle force émotionnelle qu’elle est devenue l’élue de tout un peuple. Elle n’est pas venue à Montréal depuis plus de quatre ans et s’est accordé une pause d’un an à la suite de la naissance de son enfant, mais elle a maintenant repris la route des grandes salles du monde. Celle qui est née au Mozambique et qui est tombée dans le fado de Lisbonne à un très bas âge s’arrête à Wilfrid-Pelletier ce samedi. Au programme : un parcours de ses 12 ans de carrière et cette voix tout en puissance, avec ou sans retenue.

 

On annonce quelques grandes chansons, comme Primavera, Beijo de sausade et Ha uma musica do povo. En entrevue, Mariza tient à nuancer, sans contredire : « C’est un concept très intimiste et j’aimerais que certaines pièces puissent changer d’une soirée à l’autre. » Avec le trio habituel des guitares du fado, en plus d’un batteur qui mettra en évidence le caractère parfois rythmé de certaines pièces : « Pour moi, c’est très naturel puisque je suis à moitié africaine. J’ai aussi besoin du rythme pour survivre », explique-t-elle.

 

Elle a débuté en reprenant la voie tracée par la grande Amália Rodrigues, puis s’est orientée vers un fado plus personnalisé, incurvé, curvo, ouvert aux cordes classiques, à la morna cap-verdienne, aux sensibilités cubaine, brésilienne et flamenca. Mais elle est toujours demeurée fidèle à la musique des maisons de fado et des tavernas, aux plaintes puissantes, aux mélismes et au sens de l’abandon que suppose le genre. Même qu’en 2011, elle a fait paraître Fado Tradicional, un disque différent des précédents, qu’elle a réalisé en appui à la demande des Portugais pour faire reconnaître le fado en tant que patrimoine immatériel de l’humanité : une requête acceptée par l’UNESCO.

 

Sur le sujet, Mariza devient intarissable : « Sais-tu vraiment ce qu’est le fado traditionnel ? Je n’en suis pas certaine. Il existe trois cents mélodies que chaque chanteur et musicien doit connaître. Mais l’interprète peut choisir un poème en fonction des métriques de la mélodie. Ce qui fait que le même air peut être chanté avec des mots différents d’un artiste à l’autre. C’est cela qu’on a besoin de préserver pour que l’ancienne génération le transmette. On n’a ni écoles ni conservatoires ; seulement un musée où tu peux étudier l’histoire, écouter des mélodies, apprendre à construire une guitare portugaise et comment en jouer, mais il n’y a aucune leçon de chant. »

 

Mariza n’ose se qualifier de fadista, un titre qu’elle ne peut s’octroyer elle-même. Mais les anciens lui ont accordé cet honneur depuis longtemps. Ils l’ont vue grandir depuis qu’elle a l’âge de cinq ans, puis lui ont permis de suivre ses propres instincts. « Le fado n’est pas que tristesse, même si le plus souvent, il véhicule la mélancolie », conclut la chanteuse.

 

 

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