Disque - Christine Jensen Orchestra, Habitat

En deux mots ? Faut écouter. Lancé jeudi soir en ouverture de l’Off Festival de jazz, le nouveau disque de Christine Jensen révèle encore plus précisément que Treelines (2010) la mesure du talent de la saxophoniste et compositrice montréalaise. Et Treelines, rappelons-le, avait ébloui bien du monde : les gens de Downbeat, notamment, parlaient d’une écriture en « trois dimensions ». Juno à la clé, Jensen était alors pleinement sortie de l’ombre de sa soeur Ingrid, trompettiste célébrée. Habitat renforce les constats. L’album est construit à la manière d’un complexe architectural : à chaque pièce sa couleur, son histoire, son paysage. Des voyages en Haïti et au Pérou ont notamment nourri la création. Partout, Jensen module admirablement l’écriture pour son big band : explosions, nuances, contrastes, mélodies fortes, transitions soutenues, bon swing… On apprécie la richesse de ses structures comme on apprécie celles des orchestres de Darcy James Argue ou Maria Schneider. Donc beaucoup.
 

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