Coup de coeur francophone : chanson qui pétille, programmation qui frétille

Louis-Jean Cormier entouré des sœurs Stéphanie et Mélanie Boulay
Photo: François Pesant Le Devoir Louis-Jean Cormier entouré des sœurs Stéphanie et Mélanie Boulay

Les Soeurs Boulay en ouverture, Louis-Jean Cormier pour clore. Symboliquement, c’est beaucoup. Si la chanson d’aujourd’hui était une bibliothèque, ils en seraient les appuie-livres. Et entre eux, il y en aurait, du rayonnage. Du beau monde, que de beau monde ! Le beau monde de la chanson québécoise de maintenant, cette chanson qui fleurit à travers la crise du disque et vit un véritable âge d’or.

 

Pour sa 27e fournée, le festival de chanson Coup de coeur francophone les a presque tous rassemblés sous sa bannière battante, comme au début des années 1990, ce que le directeur artistique Alain Chartrand appelait mardi matin au Lion d'Or son « idée fixe d’aider la chanson ». La liste des propositions - une centaine de spectacles en 15 lieux du 7 au 17 novembre, sans compter les tournées pancanadiennes - se lit comme un état présent réjouissant.

 

Ainsi retrouverons-nous Jérôme Minière, qui dansera une fois de plus avec son alter ego Herri Copter. Aussi aura-t-on l’exclusivité d’un concert solo au piano de Catherine Major (mis en scène par Yann Perreau, rien de moins). Ainsi intégrera-t-on deux fois plutôt qu’une l’Open Country de Mountain Daisies, avec des invités franchement exceptionnels : ai-je dit Renée Martel ? Renée Martel accompagnée par les Daisies au Verre Bouteille le mercredi 13 novembre ? Arrivez tôt, arrivez la veille, accourez maintenant ! Daniel Lavoie itou se la jouera country : on entend bien ça d’ici.

 

Des doublés de qualité en quantité

 

Il y aura des doublés en voulez-vous en v’là, comme ce festival les aime, les chérit et les bichonne depuis le début. Pensez qu’à l’Outremont, on aura Avec pas d’casque avec David Marin et ses extraordinaires p’tites nouvelles (on en reparle bientôt) : c’est beaucoup de grandes chansons le même soir. Doublés à ne pas manquer, dis-je ? Chantal Archambault à la même affiche que Laurence Hélie, Les Chercheurs d’or accolés aux Hay Babies, le chouette groupe belge Dalton Télégramme juste avant Sunny Duval et ses Sweet-Coeurs, et bien d’autres couplages encore (tout est là, en long et en large et dans le détail, sur coupdecoeur.ca, y compris le meilleur chemin pour obtenir des billets).

 

Joie de retrouver un autre Belge, dont le deuxième album a de la tendresse autant que du chien : Saule. Parlant molosse, faudra faire le détour par le Divan orange pour aller voir Éric Goulet qui, sous un même large chapeau, se montrera sous toutes ses incarnations, rebaptisé Monsieur Le Chien pour l’occasion. Félicité que de renouer avec l’ami Pierre Barouh, toujours actif et réactif à 79 ans : il nous fomente un happening à sa façon, à la SAT.

 

Mais encore ? Yves Desrosiers, notait le programmateur Steve Marcoux, a inauguré chacun de ses spectacles au Coup de coeur : ce sera son troisième lâcher prise, courageux homme. Catherine Leduc tentera le coup en dehors de Tricot Machine : vas-y Catherine, c’est pour ça que le festival est là. Comme il est là pour permettre à tout un tas de groupes pas si connus et souvent très fraîchement éclos de s’ébrouer à L’Esco. De la même façon que l’on fera place à Jeune de coeur, une chorale de septuagénaires et octogénaires qui chante du Ariane Moffatt et compagnie. Tout ça et plus encore : la chanson telle qu’on la comprend à Coup de coeur fait du bien. À l’âme, à la tête, au coeur. À plus forte raison quand on commence avec Mélanie et Stéphanie et qu’on finit avec Louis-Jean.