Le Québec en italien

C’est tout un tour du Québec que Marco Calliari s’est offert pour la réalisation de son nouveau disque Mi Ricordo en interprétant onze grandes chansons en italien.
Photo: François Pesant - Le Devoir C’est tout un tour du Québec que Marco Calliari s’est offert pour la réalisation de son nouveau disque Mi Ricordo en interprétant onze grandes chansons en italien.

C’est tout un tour du Québec que Marco Calliari s’est offert pour la réalisation de son nouveau disque Mi Ricordo en interprétant onze grandes chansons en italien : Ayoye, Lindberg, Si j’avais un char, toutes italianisées comme Julie des Colocs, Frédéric, La Manic et quelques autres de Piché, Plume, la Bolduc, Plamondon-Cousineau et Desjardins. Mi Ricordo veut dire « je me souviens », la devise qui devient la nouvelle inspiration du Marco national.

 

« Je voulais hommager ces chansons en italien pour les amener ailleurs, explique d’entrée de jeu l’Italo-Québécois. C’est plus qu’une traduction et ce n’est pas un karaoké. Les chansons ne sont pas reprises à la même vitesse et avec les mêmes instruments. Je voulais un artiste québécois et Louise Forestier est venue faire Lindberg avec moi. Elle chante en français et en italien. » Et, oui, elle crisse avec des « r » bien roulés comme dans l’originale. Celle de Marco est l’une des plus festives de l’album, avec sa batterie, ses cuivres et son accordéon.

 

Avec le réalisateur Pasquale Caruana, l’arrangeur accordéoniste Luzio Altobelli et trois dizaines de musiciens, l’ex-métalleux a diversifié la palette sonore, passant du folk au plus déglingué, au quatuor à cordes et aux coups de cuivres. Ainsi, Y va toujours y avoir de Desjardins devient slaque, rapide, sale, mais avec des cordes en contraste. Julie des Colocs révèle un côté loufoque avec ses claques de percussions et de cuivres. Ça va v’nir, découragez-vous pas fait plonger la Bolduc dans le ska punk mélangé à de la mandoline intense. Visiblement, on s’est amusé à renverser les codes musicaux : « Au début de Y’a pas grand-chose dans l’ciel à soir de Piché, on a changé un accord majeur pour un mineur, ce qui nous a permis de “napolitaniser” la pièce », explique Marco.

 

Il y a aussi les invités italiens. « À cause de son côté loufoque et explosif, Peppe Voltarelli me rappelle Plume. Je lui ai réservé La bienséance. Quant à lui,I Matti delle Giuncaie, le groupe de hard folk festif de la Toscane, se marie à Y’a pas grand-chose dans l’ciel à soir et le duo Musica Nuda permet une version plus dénudée avec voix et contrebasse de J’ai rencontré l’homme de ma vie. »

 

La majeure partie de la traduction fut écrite par Dario Brancato. « On n’a pas essayé d’être puriste italien. On voulait ouvrir, faire découvrir une autre langue, autant pour les Italiens que pour les Québécois. On a laissé certains mots en français », dit Marco. À cause de la métrique, on a parfois dû ajouter une syllabe. Dans La Manic, au lieu de chanter « Cent fois cent fois c’est pas beaucoup/ Pour ceux qui s’aiment », on chante « Deux cents fois ». « Nous les Italiens, on exagère. » Mais le sens est le même.

 

 

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