Disque - Stacey Kent, The Changing Lights

Oh ! qu’il y a du Getz-Gilberto là-dessous ! Et c’est pleinement revendiqué : le grand classique de la bossa jazz (1963) a profondément marqué la chanteuse Stacey Kent (américaine et francophile) dans son adolescence. Ce fut sa porte d’entrée vers une certaine musique brésilienne dont elle s’est entichée. Les affinités ont d’ailleurs toujours été évidentes entre l’art vocal de Kent et l’esprit « saudade » qui enrobe la bossa : « un mélange somptueusement volatil de bonheur et de tristesse », décrit-elle. The Changing Lights expose en pleine lumière cet amour du clair-obscur musical, de la délicatesse des émotions, de la sensibilité dans l’interprétation, des rythmes chaloupés. Le répertoire est ici moitié composition (son mari saxophoniste et flûtiste Jim Tomlinson signe les musiques) et moitié classiques brésiliens : aucun fossé entre les deux, l’esprit est le même partout. Soyeux de bout en bout, délicieux sans être profondément original.