Disque - Dear Criminals, Weapons

Tout de suite, on sait. Ce projet parallèle, qui allie Frannie Holder et Vincent Legault (de Random Recipe) à Charles Lavoie (b.e.t.a.l.o.v.e.r.s.), aura une existence propre qui durera plus que le temps de ce mini-album. Ça répond trop oui. C’est trop exactement ce qu’on veut d’une virée du côté sombre de la vie. Prenante et délicieusement lourde, l’ambiance. Fascinante, l’instrumentation, ce Moog rafistolé, ce synth première époque, cet ukulélé joli, cette guitare électrique nue et sale. Irrésistibles, ces mélodies du malheur (surtout Lover’s Suicide, Fuck the Stars) : on s’enfonce dedans comme dans des sables mouvants. Et surtout : séduisantes et dûment lancinantes, les harmonies de Frannie et Charles. Seul bémol, c’est un brin trop mince et frêle quand Frannie chante seule. La force des chers malfrats est dans l’union des timbres. Ma meilleure amie trouve que ça sonne « tellement montréalais » et elle a raison : on est dans l’antichambre de Patrick Watson. Un bel endroit pour créer, je trouve.