Concert à l'agenda - Damnation

Le temps est venu d’entamer la nouvelle saison de l’OSM, la 80e, avec La damnation de Faust de Berlioz. La chose est évidemment d’un grand intérêt, puisque l’oeuvre vient d’être présentée lors du Festival d’opéra de Québec dans la mise en scène de Robert Lepage. Si, à Québec, l’accent était mis sur le projet visuel, avec quelques coins tournés rond dans la distribution (le ténor Gordon Gietz, pas à la hauteur du rôle de Faust) et dans la fosse (un chef pressé dont je préfère oublier le nom), à Montréal, la table est mise pour un spectacle musical (sans mise en scène) de haut calibre. On attend évidemment la venue de la grande Anna Caterina Antonacci en Marguerite. La chanteuse italienne, qui a fêté ses 50 ans à Montréal lors d’un récital pour la Société d’art vocal, est reconnue comme une véritable torche expressive, qui a démontré la justesse de ce statut dans Les Troyens de Berlioz au Châtelet, puis dans plusieurs productions de Carmen. Contrairement au choix hasardeux de Gordon Gietz, le ténor Michael Schade devrait être de taille à affronter le rôle de Faust. Le pari de Kent Nagano a été de confier le rôle de Méphisto à un chanteur deux fois plus jeune que ses partenaires: le surdoué Philippe Sly. Cette prise de rôle est-elle prématurée ou non? Tel sera l’enjeu vocal majeur du concert. Par ailleurs, on compte beaucoup sur Andrew Megill pour transformer les choristes en paysans, buveurs, soldats, étudiants et paroissiens, avec une caractérisation vocale qui va de soi, mais qu’on trouve dans peu d’enregistrements. La damnation de Faust est, selon les termes de Berlioz, une «légende dramatique en quatre parties», librement inspirée de Goethe. Elle est un développement des Huit scènes de Faust, l’opus 1 de Berlioz, enregistrés à Montréal par Charles Dutoit pour Decca.

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