Pop Montréal: de tout, partout, intensément

Murray Lightburn, chanteur de The Dears, présentera en solo son Mass Light : An Electronic Pop Opera, alors que Kid Koala aura droit à une « aventure musicale et culinaire ».
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Murray Lightburn, chanteur de The Dears, présentera en solo son Mass Light : An Electronic Pop Opera, alors que Kid Koala aura droit à une « aventure musicale et culinaire ».

C’est fou. C’est toujours fou. Trop de lieux, trop de spectacles. Trop. Formidablement trop pour les uns, impossiblement trop pour les autres. Le Festival international de musique Pop Montréal, douzième du nom, présenté pour ainsi dire jour et nuit du 25 au 29 septembre, est l’événement dément de la rentrée montréalaise.

 

La liste des artistes - une sorte de bottin ça d’épais - fait peur et excite à la fois. De roi reggae dancehall Yellowman (rééditant l’épique bataille contre le tout aussi mythique Josey Wales) aux soeurs Boulay en formule plus qu’intime (75 billets, précipitez-vous), du survivant soul-dance et homme-caoutchouc de chez nous Pierre Perpall à la projection de documentaires rares (notamment Good Ol’Freda, l’histoire fascinante de la secrétaire du fan-club officiel des Beatles), du vétéran folksinger Fread Eaglesmith à Patrick Watson explorant « the idea of darkness in music » avec des tas d’amis à la Fédération ukrainienne, et j’en passe et j’en laisse, ça fait beaucoup.

 

De quoi semer la panique dans la population souterraine de la grande ville musicophile : où donner du billet ? Vous verrez, ça courra dans tous les sens, les cinq jours, de l’un à l’autre des 48 endroits - salles connues, lieux incongrus - couvrant le Mile-End, Outremont, le Plateau et des grands pans du Quartier des spectacles. Folie furieuse de la découverte, frénésie envers tous les shows-qu’il-faut-absolument-voir ?

 

Ça n’énervait pas outre mesure les organisateurs, mercredi matin au dévoilement de programmation à la SAT. Belle équipe d’anglos mollos, à commencer par le patron. Cool et joyeusement brouillon, le directeur artistique Dan Seligman livrait ses coups de coeur avec la candeur du fan lambda. On se serait crus dans le film High Fidelilty quand il a quasi déifié la chanteuse gospel-soul Dorothy Moore (madame Misty Blue en personne, recommandée par Irma Thomas), puis renouvelé ses superlatifs pour dire son bonheur d’amener enfin à Pop Montréal le cultissime Shuggie Otis (fils du non moins légendaire Johnny Otis). Un pur, un vrai.

 

Et sa bringue lui ressemble. Tout lui est bon, du moment que c’est « quelque chose de nouveau et d’amusant ». Festival disséminé, éclaté, multimédia, Pop Montréal se décline en un tas de bannières qui sont autant d’univers à la fois complémentaires et distincts : la foire d’artisanat Puces Pop, les activités de Kids Pop, une série de films Pop, la bâtisse-reine abeille Quartiers Pop, où tout se passe en même temps sur quatre étages, un imposant symposium, une foire du disque, etc. Impossible d’en faire le tour, physiquement et dans ce papier. On se rabattra sur le site popmontreal.com, on téléchargera l’application pour iPhone ou Android, on passera du temps dans le programme ça d’épais : infinies sont les possibilités de parcours personnel.

 

Et l’on célébrera au passage l’initiative d’anciens de l’émission de radio Bande à part, qui lanceront à l’occasion de Pop Montréal leur propre station : parlabande.fm. Souterraine et fière de l’être, la « plateforme de diffusion Web basée à Montréal » est portée par une devise plus que parlante : « capable et scout ». Tout à fait l’esprit Seligman.

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