Bienvenue dans le monde de Depeche Mode

Le chanteur Dave Gahan et les musiciens Martin Gore et Andrew Fletcher sont venus présenter leur treizième album studio, Delta Machine, mardi soir au Centre Bell, au cœur de leur tournée nord-américaine. Plus de 12 000 spectateurs fébriles en sont ressortis ravis.
Photo: Julie Carpentier Le chanteur Dave Gahan et les musiciens Martin Gore et Andrew Fletcher sont venus présenter leur treizième album studio, Delta Machine, mardi soir au Centre Bell, au cœur de leur tournée nord-américaine. Plus de 12 000 spectateurs fébriles en sont ressortis ravis.

Quatre ans après Sounds of Universe, le succès de la formation britannique Depeche Mode ne se dément pas. Le chanteur Dave Gahan et les musiciens Martin Gore et Andrew Fletcher sont venus présenter leur treizième album studio, Delta Machine, mardi soir au Centre Bell, au cœur de leur tournée nord-américaine. Plus de 12 000 spectateurs fébriles en sont ressortis ravis.

Dès les premières notes, le trio — accompagné par deux musiciens supplémentaires — n'était pas encore entré en scène que la foule s'est levée d'un bond. Welcome To My World, première pièce du CD double paru en mars dernier, invitait à un voyage à travers les 30 années de carrière de DM, qui fait toujours preuve d'une éclatante vitalité. Et Dave Gahan était en voix! Tout en voix. Le chanteur au look glamrock a eu quelques problèmes avec son organe à travers les années. Lors du Devotional Tour en 1993, Martin Gore avait dû finir le spectacle montréalais à la place du chanteur, qui avait complètement perdu la voix. Expérience similaire lors de la tournée Playing The Angel en 2006. Mais c'était loin d'être le cas mardi soir…

Puis, les musiciens de Basildon ont continué avec Angel, aussi tirée de Delta Machine. On avait pu voir les impressionnantes capacités scéniques de la formation dans le clip Should Be Higher, deuxième extrait du plus récent album. Ça s'est concrétisé mardi soir, sur l'écran géant surplombant la scène, un mélange haute définition d'images à l'esthétique très léchée et de prises de vue captées live du spectacle, avec gros plans sur les paupières lourdement maquillées de noir charbon du chanteur. Ensuite, ça s'est réchauffé un peu plus avec Walking In My Shoes (Songs of Faith and Devotion, 1993). Dave Gahan n'a pas mis de temps pour enlever son veston, dévoilant, grâce à une veste sans manches, tous ses tatouages et un corps d'athlète, malgré ses 51 ans bien sonnés. Avec le charisme fou qu'on lui connaît, il sait encore et toujours charmer les masses.

La foule a chanté en chœur avec le leader de la formation anglaise sur Precious (Playing the Angel), accompagnée de très jolies images de chiens, ainsi que sur Black Celebration et Policy of Truth, succès tirés des années 1980 et 1990.

Le Centre Bell s'est embrasé durant Should Be Higher. Alors que des cracheurs de feu s'exécutaient sur l'écran géant, des étincelles illuminaient toutes les bandes-annonces autour de l'aréna, pour un effet des plus surprenant.

Une petite baisse de rythme s'est fait sentir lors de Barrel of a Gun (Ultra, 1997), chanson qui raconte la descente dans l'enfer de la drogue du chanteur, dans les années 1990.

Puis Martin Gore a pris le micro pour interpréter de sa voix au vibrato prononcé The Child Inside (Delta Machine) et But Not Tonight (Black Celebration, 1986), moments plus lents de la soirée, alors que la foule décidait de s'asseoir pour la première fois. Le crescendo est reparti lors du retour du magnétique Gahan — et des ondulations de ses hanches —, qui a livré Heaven et Soothe My Soul (Delta Machine). Malgré les magnifiques projections sur l'écran géant, ce sont les mouvements de danse lascifs de Dave Gahan qui font toujours vibrer les spectateurs et soulèvent l'enthousiasme et les cris. A Pain That I'm Used To est un peu passée inaperçue; la fin du spectacle approchant, la foule attendait les pièces incontournables.

Succès revisités

La bande de Dave Gahan avait gardé les gros canons pour la fin. Certains succès ont été revisités, et la synthpop à laquelle le groupe nous a habitués a laissé place à plus de guitare, de batterie et même de rock bien senti. A Question of Time et Enjoy the Silence, deux hits inoubliables, ont fait grimper la fébrilité des spectateurs à son paroxysme.

Puis, les musiciens ont livré le début de Personal Jesus en version blues-western ralentie, lancinante. Quand le rythme a démarré, alors là, le toit a failli exploser... La table était mise pour une fin de spectacle électrisante.

Gahan, Gore et Fletcher ont offert un généreux rappel de cinq chansons, dont Home, chantée par Martin. Lors du retour de Gahan sur scène, la foule chantait encore le refrain de Home, alors les musiciens se sont assis et ont profité du moment, touchant. «Thank you very much, it was beautiful», a lancé le chanteur. Un grand sourire a alors percé le flegme britannique du timide Gore.

Halo, revisitée au ralenti, ce qui en a laissé plusieurs perplexes, était  accompagnée d'un très beau clip en noir et blanc d'une femme se  promenant en Allemagne entourée d'un immense triangle rouge. Just Can't Get Enough et I Feel You ont été allongées, pour le plus grand plaisir de la foule. Puis, le groupe anglais a préparé sa sortie avec Never Let Me Down,  sur une batterie pesante et appuyée, avec sur l'écran géant des images de la foule. Ces trois derniers titres en disent long sur la relation de Depeche Mode avec son public montréalais!
 

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