Disque - Femi Kuti, No Place for My Dream

La pochette révèle tout : une femme porte des objets sur sa tête en marchant sur un amoncellement de détritus. L’image sert de trame humaine pour le combat qui se dessine, en musique comme en paroles. Ici, pas de place pour le rêve : « corruption, suppression, oppression, agression », chante le fils du Black President en revenant sur la condition humaine et en reprenant souvent le mot « hungry ». À l’instar de son père Fela, il dénonce et incite à passer à l’action en plaçant bien en avant les fondements de l’afrobeat qu’il développe avec un groupe rajeuni. Il poursuit néanmoins dans la lignée d’Africa for Africa, mais l’afrobeat de Femi est beaucoup plus ramassé que celui du paternel : on fait plus court, on chante presque slam sur de la pulsion urgente, sinon on joue avec les choeurs et des cuivres tonitruants, dansants ou qui relancent des rythmes plus légers ou rebondissants. Du très bon afrobeat de base pour les temps modernes.