Cheminant vers ma ville : a concert for Kate McGarrigle - Pour Kate… pour Anna… et pour nous!

Rufus Wainwright, Lily Lanken et Anna McGarrigle, en trio d’un soir au grand jeu de chaise musicale de la famille.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Rufus Wainwright, Lily Lanken et Anna McGarrigle, en trio d’un soir au grand jeu de chaise musicale de la famille.

Magnifiques voix, présentations un tant soit peu brouillonnes. Délicieux entrelacs d’harmonies, faux départs. Moments de grande émotion, vécus en toute discrétion. On était bien dans un show montréalais des McGarrigle. Fut-ce en l’honneur de la soeur cadette partie trop tôt.

 

Nous étions jeudi soir, au premier des deux concerts pour Kate McGarrigle à l’Outremont, comme dans la cuisine à Saint-Sauveur. Pas tout à fait, j’exagère, tout le monde était chic et bien mis, mais l’ambiance y était : nous étions certainement en famille. Nous ? Les McGarrigle, Jane et Anna, les Wainwright, Rufus et Martha, les Lanken, Lily et Sylvan, les conjoints, conjointes, cousins, cousines, fidèles musiciens, amis proches dont « la fabuleuse Michèle Mercure » (dixit Rufus), mais aussi la visite.

 

Belle visite. Robert Charlebois, Pierre Lapointe, Michel Rivard, Marie-Michèle Desrosiers, Fanny Bloom, Éloi Painchaud, le pianiste Tom Mennier étaient moins les invités d’un spectacle-hommage que des convives. Et comme il se doit quand on reçoit, le clan McGarrigle leur avait fait la part belle : chacun y est allé d’une de ses chansons, en plus de chanter du Kate (ou du Anna). Leçon de savoir-vivre.

 

Ça donnait certes des chansons de Kate McGarrigle en moins, si l’on comparait ce spectacle à ceux des dernières trois années à Toronto, New York et Londres, manquaient un peu cruellement Tell My Sister, Heart Like A Wheel ou (Talk To Me Of) Mendocino, mais il s’agissait prioritairement de célébrer la québécitude des McGarrigle, et le matériel de leurs deux albums francophones (le French Record, La vache qui pleure).

 

Et c’est là qu’on a puisé Cheminant à la ville (donnée par Rufus et Lily Lanken), Naufragée du tendre (ravivée par Pierre Lapointe), Le bamboucheur (Martha), Dans le silence (Charlebois), À boire (encore Martha, poignante), Entre Lajeunesse et la sagesse (Marie-Michèle avec Anna, rare moment où Anna, souvent bien seule dans son coin à l’accordéon, retrouva une complice et sa contenance), Excursion à Venise (Rufus et tout le monde), La complainte pour Sainte-Catherine (tous), ainsi que les pièces traditionnelles sans lesquelles un spectacle des McGarrigle n’est pas pensable : À la claire fontaine (chantée sans amplification, à la fin, grande communion) et surtout Blanche comme la neige (transformée en ballade grandiose par Rufus).

 

Mais c’est Proserpina, la dernière chanson écrite par Kate, en anglais, qui parlait le plus directement au coeur : « Come home to mama… » C’est bien là que nous étions, sans tristesse : à la maison, auprès d’elle, elle auprès de nous.