Disque - Bellini, Norma

Norma, c’est évidemment Maria Callas. Mais c’est aussi Joan Sutherland qui, avec Richard Bonynge, il y a plus de 40 ans, décapait le pathos et le vernis de la tradition, à une époque où l’on jouait Bellini (1801-1835) comme si le compositeur avait vécu 70 ans plus tard. Cet enregistrement, qui repose sur une nouvelle édition de la partition, prolonge cette logique qui tombe sous le sens lorsque l’on sait ce que la conscience stylistique a apporté, dans tous les répertoires de cette époque. Il n’y a pas non plus d’hérésie historique à distribuer une Norma sombre et une Adalgisa plus claire. Alors, à la baguette, Antonini allège, propulse le texte. Le raffinement de sa direction est une caverne d’Ali Baba musicale et sonore. Face à lui, Cecilia Bartoli crée une véritable surprise en assumant le rôle avec une intelligence, une ligne, un contrôle des dynamiques et une émotion à fleur de peau.

 

 



À voir en vidéo