Disque - Beethoven, Quatuors op. 18 nos 3 et 5, op. 135.

Passé de Deutsche Grammophon au confidentiel label Myrios n’est en rien une déchéance lorsque le CD devient une telle ascèse, un tel concentré de savoir. Nous vous l’avions déjà dit en commentant le premier CD de cette nouvelle aventure discographique du Quatuor Hagen : un couplage Beethoven (Opus 59 no 2), Mozart et Webern que cette parution prolonge, ô combien. J’ai l’impression d’entendre des musiciens qui se sont coupés du monde pendant deux mois pour « penser et agir Beethoven ». On est très loin du style un peu crâneur, virtuose, démonstratif et « rentre dedans » des Hagen de l’ère DG. Comme chez les Takacs, la maturité ne dégrade pas le rendu musical, mais multiplie ses strates. Beethoven n’est pas joué ici ; il est véritablement respiré, de concert avec une souplesse infinie. Ce disque témoigne d’une des mutations les plus spectaculaires d’un artiste ou d’un ensemble documentées par le disque.

 


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