Le blues éclectique de Steve Strongman au 16e FestiBlues

Chez le bluesman ontarien Steve Strongman, tout coule de source.
Photo: Matthew Barnes Chez le bluesman ontarien Steve Strongman, tout coule de source.

Le bluesman ontarien Steve Strongman a le vent dans les voiles, puisque son plus récent album A Natural Fact a remporté les honneurs aux Juno et aux Maple Blues Awards, où il fut aussi élu guitariste de l’année. La SOCAN lui a remis le prix de l’auteur-compositeur de l’année. A Natural Fact est son disque acoustique et il en partagera quelques titres en plus de puiser dans son répertoire électrique, en trio ce vendredi soir au FestiBlues international de Montréal. Il y invitera son ami Paul Deslauriers, lui aussi un maître guitariste autant de l’électrique que de l’acoustique.

 

Steve Strongman raconte le concert : « Il y aura peut-être un peu plus de saveur acoustique, mais ça va quand même être électrique. Je me produis avec le batteur Dave King et le bassiste québécois Yannick Lambert. Quant à Paul Deslauriers, c’est un ami très proche depuis quelques années. Nous sommes allés ensemble jouer au pôle Nord pour les forces armées. »

 

Chez Strongman, tout semble couler de source : la guitare fluide, les notes d’une grande clarté, le groove qui tombe tout naturellement, autant que la voix qui n’est pas éraillée, comme on l’entend souvent dans le blues : « L’important pour moi est de demeurer intègre. Je ne veux pas sonner comme un vieux bluesman, car je ne le pourrais pas. J’aime le blues et je suis toujours influencé par le genre, mais j’aime me pousser vers de nouvelles directions. »

 

Si l’esprit du Delta est très présent dans A Natural Fact, on y capte aussi l’énergie du rock, même acoustique, en plus de quelques pièces plus folk. Le guitariste plonge souvent dans le country blues avec ou sans piano, basse et batterie. Parfois plus intime, Strongman peut devenir rapide, roulant, sautillant et même enflammé à la guitare, qu’il joue superbement en répondant à son chant ou en projetant des solos.

 

« Je suis tombé en amour avec le blues en écoutant des bands de rock comme Led Zeppelin qui savaient tout du blues. Puis j’ai fait des allers-retours vers les vieux bluesmen et les rockers pour me rendre compte qu’il y a tellement de genres qui ont une connexion profonde avec le blues. Pour moi, le blues est la base de la musique. »

 

Dans son jeu, il s’inspire aussi bien de la côte ouest que de la côte est, et plusieurs guitaristes aux styles différents l’ont marqué, du blues de Freddie King au style plus rock de Johnny Winter ou au jazz de Kenny Burrell. Mais au-dessus de tout, un personnage l’a guidé, pas le plus connu, mais celui qui fut le plus important pour lui : « C’est Mel Brown, un Américain déménagé à Kitchener, où je suis né. C’était rare pour moi. J’avais 15 ans et il m’a pris sous son aile. C’était un géant du blues. Pour moi, il était plus grand que B.B. King, Buddy Guy ou Eric Clapton. C’était le plus grand. »


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Trois autres suggestions

Bob Walsh : Il n’est jamais bien loin du blues, du gospel ou du folk. Cette fois-ci, il s’amène avec son complice Guy Bélanger et invite Melissa Bel, Nanette Workman et Martin Deschamps.

Rachelle Plas : Elle n’a que 20 ans, fut vice-championne du monde en judo, mais le blues la dévore. Cette étonnante chanteuse harmoniciste française vient offrir son premier album.

Beauty and the Beast : L’an dernier, ce duo français a remporté les honneurs du tremplin Blues sur Seine. Il donne dans le blues, le country et le swing avec guitare, contrebasse et ukulélé, entre autres.

 



 

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