Outremont a désormais sa place Kate-McGarrigle

Rufus et Martha Wainwright sont réunis au cœur de la place Kate-McGarrigle, située sur l’avenue Laurier entre Querbes et Durocher, officiellement inaugurée mercredi en l’honneur de leur mère.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Rufus et Martha Wainwright sont réunis au cœur de la place Kate-McGarrigle, située sur l’avenue Laurier entre Querbes et Durocher, officiellement inaugurée mercredi en l’honneur de leur mère.

Le 7 août avait lieu à Montréal l’inauguration de la place Kate-McGarrigle, avenue Laurier, à Outremont. Décédée en 2011 à l’âge de 63ans des suites d’un sarcome, cancer rare et fulgurant, la chanteuse et poétesse est demeurée sa vie durant très attachée à son quartier.

 

Sa soeur Anna, avec qui elle forma un duo folk célèbre, ainsi que ses enfants Rufus et Martha Wainwright, tous deux auteurs-compositeurs-interprètes comme le fut leur mère, étaient présents. Le dévoilement a précédé la projection en première canadienne du documentaire musical Sing Me The Songs That Say I Love You.

 

Réalisé par Lian Lunson (Leonard Cohen : I’m Your Man) et présenté par le cinéaste allemand Wim Wenders (Paris, Texas, Les ailes du désir), qui était d’ailleurs au Théâtre Outremont mercredi soir pour en parler, Sing Me The Songs That Say I Love You alterne témoignages de la famille proche et élargie de la défunte, films d’archives aussi rares que révélateurs et, surtout, des séquences captées lors d’un concert hommage donné au théâtre Town Hall à New York en 2011.

 

Sélectionné au festival de Berlin en 2012, ce documentaire musical monté de manière très libre, à l’image de son sujet, se révèle souvent poignant. La plupart des numéros musicaux, en effet, bouleversent.

 

Les « enfants Wainwright », Rufus et Martha, livrent sans surprise des performances senties, émues, et au final, généreuses, car ce qu’ils partagent en chanson relève de l’intime et du précieux. De nombreux artistes se succèdent sur scène à leurs côtés, dont Emmylou Harris, Norah Jones, de même que l’écrivain Michael Ondaatje.

 

Concert-bénéfice

 

Dans la foulée de l’inauguration de la place Kate-McGarrigle et de la présentation du documentaire Sing Me The Songs That Say I Love You, un concert-bénéfice a lieu ce jeudi, toujours au Théâtre Outremont. Intitulé Cheminant vers ma ville, l’événement qui se veut une célébration festive de la mémoire de Kate McGarrigle mettra en vedette une brochette d’artistes exclusivement francophones, un rappel de la francophilie de Kate McGarrigle, qui aimait chanter en français autant qu’en anglais, en témoignent les albums Entre Lajeunesse et la sagesse (Kébec-Disc, 1980) et La vache qui pleure (La Tribu, 2003).

 

Rufus et Martha Wainwright, ainsi qu’Anna McGarrigle seront ainsi entourés des Pierre Lapointe, Robert Charlebois, Michel Rivard, Marie-Michèle Desrosiers et Fanny Bloom, entre autres.

2 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 8 août 2013 13 h 49

    Tirez-vous uns chaise...

    Ça fait plaisir de voir un petit coin dédié à la mémoire de cette artiste. C'est aussi un hommage à Montréal et à l'entente qui règne entre les membres de ses différentes communautés.

    Évidemment, ce qui étonne ici est la sculpture d'un artiste américain qu'on a installé. Ben oui, il s'agit encore d'une chaise ! Chaises que l'on retrouve partout à Montréal : au CCA, au parc Lafontaine, au métro Mont-Royal, une nouvelle à la Place des festivals, et maintenant Outremont. Il y a certainement un phénomène spécial à Montréal pour que ce meuble revienne constamment dans l'imaginaire des créateurs. Il faudrait creuser ce mystère.

  • Michel Mongeau - Abonné 10 août 2013 08 h 04

    La chaise et la marche artistique

    Pourtant, la chaise évoque la stabilité, le repos, l'ordre apollinien. Drôle de symbole pour rendre hommage à une artiste, un être qui préfère être en marche qu'au repos, qui risque de voir s'éteindre la sève poétique dans trop de confort, de régularité et de géométrisation de l'espace fluide. N'aurait-il pas été préférable d'offrir, de la part de l'artiste, un vélo, un carosse, un cheval, une paire d'ailes, pour symboliser la transmission du désir créatif?