Dans les coulisses de l'actualité - Le cliché du faux-semblant

Jones soulève notre journaliste de terre dans un éclat de rires.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jones soulève notre journaliste de terre dans un éclat de rires.

Ce cliché est un faux-semblant. Oui, trois fois oui. Car, contrairement aux apparences, le sourire en coin relève en fait du rire jaune. Elvin étant grand et fort, la face d’anchois qui est dans l’obligation de signer les lignes le concernant ne porte pas à terre. Ça, je m’en souviens fort bien, très, très, bien.

 

Si le camarade-collègue-photographe Nadeau, dit J.A. Martin, avait ouvert l’oeil et le bon, il aurait photographié les pieds. Ainsi, on aurait pu enfin écrire la légende suivante : « Mossieu prend mes pieds pour des boulevards. »

 

Bon. Nous n’étions pas contents de nous voir, mais bel et bien de nous revoir. Nous nous étions retrouvés dans la maison de Mme Duchesne, la très gentille Mme Duchesne, dont les enfants étaient devenus des amis très proches d’Elvin depuis son passage à Montréal au début des années 70, au In Concert pour être exact. Bref, à la suite de problèmes que les aînés de Mme Duchesne avaient réglés, Elvin aimait venir à Montréal, mais aussi au Québec. Car outre l’amitié qu’il avait pour les Duchesne, il aimait la pêche.

 

Toujours est-il que ce jour-là, celui de la photo de « mètre » Jack Deauna, nous avons pique-niqué. Plus exactement, nous avons goûté les plats de Mme Duchesne en compagnie de tous les membres du quintet de Jones, dont, notamment, l’immense saxophoniste Sonny Fortune.

 

De cette journée, on retient que l’essentiel se conjugua avec l’attention qu’Elvin, le batteur de Stars Fell on Alabama, de Love Supreme et autres sommets, avait pour chacune des personnes présentes. Cela se traduisait par l’avalanche de questions qu’il nous posait. Bref, cette journée fut celle du renversement des rôles, dont la photo « faux-semblant » est la traduction en noir et blanc.