Concerts classiques - Un choeur impressionnant

Le concert de mercredi soir associait le choeur de chambre Les Éléments, très reconnu en France, et Alexandre Tharaud, présent au Québec pour l’enregistrement prochain, avec les Violons du Roy, du Concerto Jeunehomme de Mozart. Les Éléments et Accentus sont les deux choeurs de pointe actuellement en France et Joël Suhubiette et ses troupes nous ont montré mercredi que cette réputation n’est pas usurpée.

 

Il faut remonter à la visite de Frieder Bernius et de son choeur de chambre de Stuttgart pour retrouver du chant choral de ce niveau : homogénéité, intonation, précision, qualité des voix et, surtout, de la prononciation dans des traductions limpides de Poulenc.

 

Cette limpidité se trouve dans les paroles, mais aussi dans la musique, ses tempos, ses dynamiques, aux écarts jamais exagérés, et à travers une expression plus plane et fondue que dans d’autres interprétations qui creusent avec davantage de suspense et d’effets de contraste les Sept Chansons.

 

La Messe fut somptueuse, avec des sopranos cristallins, jamais durs, un Sanctus admirablement fluide, un Domine Deus (Gloria) d’une grande sérénité. L’abattement d’Un soir de neige, écrit à Noël 1944 en 48 heures a été traduit avec une grande concentration. Mais le bijou ce sont les Sept Chansons, dont cinq sur des poèmes d’Éluard. On comprend ce dernier d’avoir écrit à Poulenc : « Je ne m’écoutais pas ; je te dois de m’entendre ». Le seul petit pépin de justesse est arrivé sur la dernière phrase de Belle et ressemblante, « Tout soleil caché », qui a déraillé presque imperceptiblement et a décontenancé les choristes au début de Marie. Rien de grave ; c’est assez difficile comme ça !

 

L’oeuvre de Pécou est censée être un concerto pour piano, où le choeur fait office d’orchestre. Le sens du mot « concerto » en 2013 reste à préciser. On a surtout entendu des tableaux pianistiques avec voix et bruits. La voix, nous dit le préambule « véhicule du sens à travers un texte », mais ledit texte ne nous était même pas communiqué ! Assailli par un ennui proportionnel aux décibels, le public est exclu du rituel qui se déroule devant lui, exercice snobinard balancé ex cathedra.

 

On relèvera toutefois la prouesse d’assurer un programme aussi difficile avec un décalage horaire, le choeur s’étant produit dimanche soir au Festival de la Roque-d’Anthéron dans le midi de la France.

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