Présence autochtone - Digging Roots en tête d’affiche à la soirée Fiddle No More

Digging Roots tourne autour de deux personnalités : le guitariste compositeur Raven Kanatakta, d’origine Anishinabe de Winneway au Québec et l’auteure, chanteuse et percussionniste ShoShona Kish, qui vient de la communauté Ojibway de Batchawana près de Sault-Sainte-Marie.
Photo: Présence autochtone Digging Roots tourne autour de deux personnalités : le guitariste compositeur Raven Kanatakta, d’origine Anishinabe de Winneway au Québec et l’auteure, chanteuse et percussionniste ShoShona Kish, qui vient de la communauté Ojibway de Batchawana près de Sault-Sainte-Marie.

Le nom de la soirée est particulièrement bien choisi : Fiddle no more, en clin d’oeil à Idle…, parce que les autochtones ne veulent plus jouer les deuxièmes violons. Et les deux groupes participants sont parmi les chefs de file d’un mouvement culturel qui ne cesse de croître. CerAmony, avec sa forte dose de pop et sa guitare hard qui pointe comme une arme, est la voix d’une jeunesse crie du Québec qui refuse de se soumettre, alors que Digging Roots, Anishinabe et Ojibway d’Ontario, marie blues, folk et reggae, souvent sur des thèmes identitaires. Les deux se connaissent et se rencontrent jeudi soir à la place des Festivals dans le cadre de Présence autochtone. Actuelle génération, régénération !

 

Digging Roots tourne autour de deux personnalités : l’auteure, chanteuse et percussionniste ShoShona Kish, qui vient de la communauté Ojibway de Batchawana près de Sault-Sainte-Marie et le guitariste compositeur Raven Kanatakta, d’origine Anishinabe de Winneway au Québec et qui, tient-il à préciser en entrevue téléphonique, entretient une relation intime avec la région de Montréal : « Ma mère est de Kahnawake, j’ai toujours de la famille là-bas ».

 

Mélanges de rythmes

 

Musicalement, Digging Roots est très marqué par le blues, mais ne le reprend pas intégralement : « On est de la génération qui est exposée à tellement de musique de partout. On fait aussi du reggae, mais on le mélange de plus en plus avec le blues, un peu comme l’ont déjà fait les Colocs », explique Raven Kanatakta, le sourire en coin. Ils ont le sens du refrain accrocheur, mais aussi de la claque rythmique. Ils lorgnent les douceurs de la soul ou du folk, mais se plongent parfois dans une attitude plus rap. Ils développent les contrastes : elle, dans les hauteurs des vocalises ; lui, dans les acoustiques blues. L’environnement vocal est d’ailleurs très habité : dans son chant, ShoShona Kish se double, se répond et s’harmonise. Souvent, l’atmosphère est mâtinée d’un peu d’électro.

 

Et ils chantent vrai : « On a des chansons à propos de l’amour et la vie, mais on en a d’autres qui relatent le climat dans lequel nous vivons. On ne fait pas ça pour frapper les gens sur la tête, mais pour parler d’une histoire qui n’est relatée nulle part. Dans ma jeunesse, il y avait beaucoup de violence policière dans ma communauté et cela avait beaucoup à voir avec le colonialisme. Mais encore la semaine dernière, un gars s’est fait battre par la SQ au Labrador. Ça joue encore pas mal dur », relate Raven Kanatakta.

 

Il voit Idle No More d’un très bon oeil : « C’est un mouvement qui est né pour éduquer les gens et créer des dialogues. C’est une sorte de collectif qui ne se limite pas aux autochtones. On a aussi créé beaucoup de musique là-dedans et nous y avons participé. On a pensé depuis si longtemps à ce genre d’action, c’était beau de voir les gens faire ça. » Idle ou Fiddle, même combat !

 

 

Collaborateur

 


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