Karim Diouf au Cabaret du Mile-End - Un retour prometteur


	Karim Diouf défendait mercredi soir sur scène le matériel de son premier disque Adouna.
Photo: Productions Nuits d’Afrique
Karim Diouf défendait mercredi soir sur scène le matériel de son premier disque Adouna.

Ça faisait des lunes que l’on n’avait pas vu Karim Diouf sur une scène. Et pour la première fois, il défendait mercredi soir le matériel de son premier disque Adouna avec une brochette d’excellents musiciens. Il est parvenu à casser la glace en livrant une performance inspirée. Tout n’était pas parfait : on n’avait eu que trois jours pour roder le concert et dans ses présentations, Karim paraissait moins à l’aise qu’en temps normal, mais plus la soirée progressait, plus on le sentait revenir pour vrai et plus l’ambiance s’installait. À la fin, le plancher du Cabaret du Mile-End a tremblé, littéralement, ce qui est de bon augure pour la suite des choses.


Élété, le frère des Rimtobaye du groupe H’Sao, avait ouvert la soirée en continuant de progresser avec sa belle voix céleste, ses chansons intimes et son afropop dansant. Puis l’entracte, et l’ex-Coloc qui lance Mother of All, un reggae pop conscient qui célèbre l’Afrique. Il chante avec autorité, autant dans les graves que dans les hautes. Le groupe est percutant : neuf musiciens, comprenant la lutherie pop de base, en plus de deux choristes avec beaucoup de soul et un joueur de sabar sénégalais. À ceux-là s’ajouteront sporadiquement trois cuivres jazzés et la kora de Zal Sissokho.


Diouf ne parle pas beaucoup entre les pièces et lâche souvent des Yeah ! en guise de transition. Au début, il n’a pas joué de djembé, mais plus il attaquait l’instrument, plus il parvenait à créer de l’atmosphère dans la salle bondée. Son répertoire, souvent interprété en wolof, est composé de quelques reggaes et de plusieurs afropops québégalais. En comparaison avec son frère Élage, la musique est moins excentrée et les percussions brésiliennes ou le country blues sont absents ici.


Karim crée une musique emportée, empreinte d’un groove contagieux avec parfois une pulsion funky. Par moments, on se sent proche du mbalax, par le rythme et par la façon du chanteur de mordre dans la musique. Un bémol toutefois : on n’a pas pu entendre ni apprécier à leur juste valeur les effets du claviériste Martin Lizotte ou la versatilité du guitariste Assane Seck, mais ce n’est que partie remise. Les montées d’énergie dont le groupe est capable laissent présager le meilleur.


 

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