Soweto Gospel Choir à la Maison symphonique - Éclats de joie

L’éclat de voix, la joie vive et la réjouissance totale: en tout, une vingtaine de chanteurs danseurs avec des costumes aux couleurs vives.
Photo: François Pesant Le Devoir L’éclat de voix, la joie vive et la réjouissance totale: en tout, une vingtaine de chanteurs danseurs avec des costumes aux couleurs vives.
C’était comme un baume en cette journée triste pour le Québec. De Soweto, arrivait samedi soir l’un des plus importants chœurs du pays du chant choral. L’ombre de Madiba, le père de la nation, planait, mais l’heure n’était pas à la tristesse. C’était l’éclat de voix, la joie vive et la réjouissance totale: en tout, une vingtaine de chanteurs danseurs avec des costumes aux couleurs vives qui se fondaient à la communauté, s’en démarquaient en solo, échangeaient les rôles, partageaient des duos, lançaient des appels ou les premières lignes de ces chants mordants, touchants, émouvants parfois jusqu’aux larmes.
 
Pour les accompagner, deux percussionnistes et parfois un piano, lorsqu’on allait vers des gospels plus classiques. Le répertoire du Soweto Gospel Choir est d’ailleurs vaste, composé aussi bien de traditionnels et de compositions contemporaines d’Afrique ou de standards gospel et pop internationaux. Le groupe était d’ailleurs sur la lancée de son dixième anniversaire et ne s’en est pas tenu à ses plus récents titres. 
 
En puissance

Le concert commence tout en puissance avec une voix féminine qui semble sortir des profondeurs du temps. La communauté arrive, se lance dans les harmonies vocales percutantes pendant que les deux tambourineurs battent la mesure avec ferveur. On deviendra plus spirituel avec cinq hommes au-devant de la scène, avant d’attaquer à  l’unisson et de se donner un méchant swing. Tous et toutes participent à presque toutes les phases de la création et même le chef de chœur se permet de se brasser le popotin avant de retourner se fondre dans le groupe.
 
Les danses sont spectaculaires: des pas guerriers des Zoulous au gumboot des mineurs avec les claques de bottes. Par moments, on se livrera à des acrobaties. On croit aussi percevoir du break dancing. Mais en général, on demeure souvent collés à cette formidable tradition du mbube sud-africain. Une voix se lance, le chœur répond, puis se divise en deux ou trois parties harmoniques pendant que certains membres relancent le soliste qui peut donner la répartie à un alter ego sorti dont ne sait où, puisque tout le monde bouge.
 
C’est excitant, exubérant et parfois très éclaté avec des petits cris ou des hurlements très libres en plus des clappements de mains. Cela donne une atmosphère de carnaval vocal ponctué de quelques hymnes religieux ou de pièces phares comme ce Asibonanga que Johnny Clegg avait chanté pendant la lutte antiapartheid. On a aussi livré un chant de liberté dédié à Nelson Mandela. 
 
Du côté international, on ne peut passer à côté de Like a Natural Woman de la grande sœur Aretha, et de Pata Pata, premier succès africain à avoir rayonné dans le monde. Les gens en redemandaient. Après l’hommage à Miriam Makeba, Le Soweto a remis ça avec Amen et O Happy Days. La journée était faite.
 
Collaborateur
Le Devoir

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