Festival d'été de Québec - L’énergie après le mur du son

Après avoir été frappé par le beau mur du son des Besnard Lakes, c’est à une énergique bourrasque à laquelle le public du Festival d’été de Québec aura eu droit samedi soir avec The Joy Formidable. 
 
Dans un Impérial qui a pris du temps à se remplir de façon convenable — le balcon est resté fermé —, le trio installé à Londres a donné le ton dès les premières secondes de Cholla. La chanteuse et guitariste Ritzy Bryan est arrivée en sautillant comme une gamine, reculant à petits pas, tourbillonnant, tapant des talons, donnant d’énergiques coups sur sa guitare. Pas de doute, ce concert de The Joy Formidable ne se déroulerait pas sur le pilote automatique. 
 
Ritzy Brian et sa bande ne jouaient pas pour eux-mêmes, mais pour le public. La chanteuse avait les yeux grands ouverts, comme une invitation à en donner autant qu’eux. Elle pointait des gens dans la foule, s’avançait jusqu’au rebord de la scène. La mise en scène du trio était sobre, fait de quelques projections et d’une forme de tête de loup accrochée derrière eux, et dont le contour était éclairé — clin d’œil à leur dernier disque intitulé Wolf’s Law.
 
Voilà une vraie belle performance rock, généreuse, mélodique, énergique. 
 
Contraste

C’était quand même un contraste avec The Besnard Lakes juste avant. Pas que ce soit négatif, mais le groupe Montréalais a une tout autre démarche sur scène. La bande à Jace Lasek et Olga Goreas mise davantage sur le mur de son, celui qui nous ramène davantage à nous-mêmes qu’il nous pousse à danser. 
 
The Besnard Lakes est venu lourdement livrer leurs pièces postrock, mais avec une variation d’énergie très intéressante au fil de leur heure sur scène. Le quatuor a rugi d’entrée de jeu avec des pièces fortes, lourdes, frontales, avant d’offrir un petit répit mélodique porté davantage par la voix d’Olga, tandis que Lacek, vêtu de sa traditionnelle chemise noire brodée de roses épineuses, s’est plus installé aux claviers. Puis rebelote pour le mur du son, doublé d’un mur de fumée.
 
La foule était encore plus mince en début de soirée, alors que le duo Ponctuation est monté sur scène. «Approchez-vous, on va faire du rock», a lancé au public Guillaume Chiasson, le chanteur et guitariste du groupe. Lui et son frère Maxime à la batterie ont condensé quasiment une dizaine de pièces rock en une petite demi-heure. C’était du bon son baigné d’écho, fait d’accords barrés, de solos bluesés et d’effets psychédéliques. Ponctuation mise sur l’énergie, et réussit à en mener large, même à deux. 
 
Le Devoir

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