Ponctuation: un désir de volume

Ils ne sont que deux dans le groupe Ponctuation, mais ils dégagent de l’énergie pour huit. Les frères Guillaume et Maxime Chiasson ont récemment donné un petit électrochoc dans la scène rock québécoise avec un premier disque déjanté et accrocheur, intitulé 27 Club. Les voilà à l’Impérial ce samedi soir au Festival d’été de Québec, leur ville natale.

C’est Guillaume, le grand frisé, qui joue à la guitare et Maxime qui tape avidement les tambours et les cymbales. Ponctuation ne réinvente pas la roue du rock, mais offre du bon son corrosif, rythmé, punk et garage, avec des traces de psychédélisme.

« Il y a un besoin de rock en français au Québec, assurément. Les gens nous disent qu’ils sont contents d’entendre un projet comme le nôtre, dit Guillaume. C’est sûr qu’il y a des groupes comme Gros Mené, mais il y a plus une tendance vers le folk et des trucs plus aériens, disons à la Karkwa et compagnie. Ce qui est aussi correct, mais moi qui aime beaucoup les trucs plus rock’n’roll, je trouvais qu’il en manquait et j’avais le goût d’en faire. »

Enregistré à compte d’auteur puis poussé par l’étiquette de disques Bonsound, 27 Club défile à vitesse grand V. En tout, on a droit à 30 minutes de rock, où les paroles, bourrées de références au cinéma et à la littérature, ne sont pas accessoires, quoique dures à capter. « Moi, je les entends bien, répond le guitariste. Mais c’est un peu une ligne éditoriale ; nous, on pense qu’il faut une impression de volume. Et la façon de rendre ça dans le mix, c’est de sacrifier la voix. »

Dans les premiers balbutiements de Ponctuation, on retrouvait des éléments yéyé, dans la musique et dans les paroles, jadis quelques fois naïves. « Mais plus ça va, plus dans l’écriture je veux créer autre chose. On nous a comparés aux Breastfeefers et, s’il y a un rapprochement à faire, c’est dans le travail sur les paroles. Je trouve plate de ne pas au moins essayer d’écrire des paroles qui se tiennent. Et ça ne veut pas dire avoir dix couplets comme Richard Desjardins, mais au moins quelques lignes malades ! »

Ampleur et textures

 

Presque toutes les critiques de 27 Club - une référence aux artistes morts à 27 ans - évoquaient des bruits de laser, des bzzzzt et des piouuu, qui rythment les chansons de Ponctuation. « En fait, c’est une pédale de delay que j’utilise pour la guitare. Tant que je pèse, les sons vont continuer, comme un feedback continu, et je joue beaucoup avec ça ! Ça devient une pédale d’expression, si on veut. C’est devenu une partie intégrante de notre son. »

Ils ne sont que deux, mais les performances des frères Chiasson ne sont pas anémiques. Il y a beaucoup de fréquences propulsées vers la foule, et il y a rarement impression de vide. « La texture du son a beaucoup été travaillée. Ma guitare est accordée deux tons plus bas, mon ampli, c’est pratiquement un ampli de basse. Il date de 1974, et à cette époque-là, souvent les amplis faisaient les deux, guitare et basse. Tout ça ensemble, ça crée un son assez complet, même si c’est assez minimaliste comme matériel. On peut faire des shows en Communauto ! »

 

***


Une scène culturelle en ébullition

Les assises musicales alternatives de Québec semblent de plus en plus solides depuis quelque temps. Une impression que confirme Guillaume Chiasson. « Même que je parlerais de la scène artistique de Québec en général ; il y a une sorte de communion, le monde se parle beaucoup. Contrairement à il y a cinq ans, le monde pense moins à déménager à Montréal. »

Plusieurs pièces de l’échiquier semblent se mettre en place. Chiasson mentionne le disquaire Le Knock-Out, le Pantoum - un complexe artistique qui rassemble entre autres des locaux de répétition et d’enregistrement -, ainsi que la nouvelle mini-salle dans le sous-sol du Cercle, qui permet aux petits groupes de présenter des concerts à peu de frais. « Il y a une scène qui est en train de se créer, chose qu’il n’y avait pas dans les dernières années. »

À voir en vidéo