Amadou & Mariam - Bienvenue au Mali!

La chanteuse malienne Fatoumata Diawara
Photo: Agence France-Presse (photo) Paul Bergen La chanteuse malienne Fatoumata Diawara

Cette année, Amadou Mariam reçoivent le prix Antonio-Carlos-Jobim, remis à un artiste qui s’est particulièrement distingué dans le domaine des musiques du monde. Hommage mérité, d’autant que le célèbre couple aveugle du Mali revient de loin étant donné la crise que traverse le pays. Ce dimanche soir, ils accueillent leur petite soeur Fatoumata Diawara à la place des Festivals pour le grand événement de clôture du FIJM. Bienvenue au Mali, pays de musique et d’espoir bientôt retrouvé, clame Amadou Bagayoko.


« On a vécu les événements en deux étapes,dit-il. Ce fut d’abord l’occupation du territoire, un moment très difficile. Puis, la venue des militaires français a amené de l’espoir. Plusieurs gens du Nord avaient fui vers le Sud ou les pays voisins. »


Pendant la majeure partie de 2012, Amadou Mariam étaient à l’extérieur, ils sont rentrés au pays à la fin de l’année. « On passe la moitié de notre temps en France et on tourne beaucoup dans le monde », explique le chanteur-guitariste.


À leur retour, ils ont constaté l’effervescence artistique malgré les interdits, alors que plusieurs artistes ont composé des pièces pour la paix : on n’a qu’à penser à Oumou Sangare, à Tiken Jah Fakoly, au rappeur Amkoullel, au collectif des artistes du Nord Mali et à plusieurs autres. Le couple se joint aussi à une quarantaine d’artistes regroupés par Fatoumata Diawara pour créer Maliko, sorte de We Are the World malien. Amadou Mariam signent aussi la pièce Que Dieu nous aide à retrouver la paix. Presque tous ces titres sont diffusés sur YouTube.


« En France, il y a eu des journées pour le Mali et on a fait des conférences, poursuit le funky brother. On a aussi créé le projet Africa mon Afrique. On va dans les centres sociaux des banlieues pour rencontrer des enfants. Avec eux, on répète certains de nos morceaux et on fait un miniconcert. Le lendemain, on fait le gros concert pour les grandes personnes et une partie des bénéfices est redistribuée au programme alimentaire mondial pour soutenir le Mali. »


Lors de l’entrevue téléphonique réalisée le 14 juin dernier, Bamako vivait toujours sous l’état d’urgence, et selon Amadou, « la musique ne fonctionnait toujours pas à temps plein ». Mais les projets de soutien ne manquent pas pour la suite des choses, dont cette idée de grand concert humanitaire lancée par Salif Keita. Amadou commente : « Pour le moment, c’est difficile à organiser, il faut que l’état d’urgence finisse. Quand il y aura la paix, on veut aussi mettre en marche le projet Les grands coeurs du Mali avec la Fédération des artistes du Mali. Des chanteurs, des musiciens et des chorégraphes iront parler de paix dans toutes les régions du Mali. »


Et quel est le message d’Amadou pour l’extérieur ? « Nous remercions beaucoup la communauté internationale, parce que si nous arrivons à parler du Mali, c’est grâce à elle. Nous lui disons de ne pas se décourager et que le Mali pourra se développer. »


En 2008, il chantait avec Mariam Welcome to Mali en soulignant la beauté de toutes les ethnies et les villes historiques du pays. Dimanche soir, leur mot de bienvenue au Mali pluriel résonnera fortement de leur rock blues teinté des quelques musiques black américaines de leur disque Folila. Et en toile de fond, ce mot immense : « espoir » !


***

Radieuse Fatoumata Diawara

C’est la douce séductrice à l’air noble, à la voix puissante et au sourire radieux. C’est aussi la chanteuse-comédienne au cri et à la danse sauvages. Ivoirienne de naissance et Malienne de souche, Fatoumata Diawara se réclame de la tradition de Wassoulou et son disque Fatou l’a projetée sur les scènes internationales. Elle est aussi musulmane, profondément attachée à la laïcité et très engagée pour la paix au Mali. En plus de sa participation au concert d’Amadou & Mariam, elle offre son spectacle ce dimanche sur l’Esplanade, rue Clark Nord, à 20 h.

 

Collaborateur

À voir en vidéo