Du Web à la gloire

Alexandra Stréliski
Photo: Frédérique Ménard-Aubin Alexandra Stréliski

Àl’ère du tout numérique, le succès et la reconnaissance, en matière de musique classique, sont désormais à portée de codes binaires. Le bourdonnement numérique qui depuis le début de la semaine s’est amplifié autour de la jeune pianiste montréalaise Alexandra Stréliski en témoigne. Parties du site de partage Bandcamp, les tonalités délicieusement cinématographiques de son Pianoscope - titre de son premier album autoproduit - l’ont propulsée la semaine dernière sur une scène du Festival international de jazz de Montréal, en émouvant au passage le quotidien britannique The Telegraph qui n’hésite pas à la comparer au grand compositeur Michael Nyman, fidèle compagnon du réalisateur de films Peter Greenaway.


« Évoquant Érik Satie, Philipp Glass et Michael Nyman, écrit le journal de Londres - qui a eu la primeur sur son site Web de la prestation d’Alexandra Stréliski à Montréal, où elle était accompagnée par un ensemble de cordes - la musique [de cette pianiste] est remarquable pour sa simplicité, sa sensibilité et sa douceur. » L’hebdomadaire français L’Express évoque pour sa part, dans un long papier, l’ascension fulgurante de cette « pianiste cinéphile » qui a touché le coeur des mélomanes du monde entier, passant désormais « par Facebook, Twitter et son site Internet » pour communiquer avec elle. « [Ses] partitions s’arrachent » sur la Toile, ajoute l’imprimé dématérialisé.


Formée au Conservatoire de l’Université McGill, Alexandra Stréliski - soit dit en passant fille du collaborateur du Devoir et observateur du présent Jean-Jacques Stréliski - a mis au monde son album Pianoscope quelque part en 2010 en l’enregistrant, pour diffusion sur le Web, dans le studio d’un ami. « Au départ, ma démarche était très personnelle, explique-t-elle dans les pages de L’Express. Je voulais me présenter de manière dénudée, en piano solo, parce que c’est universel. Le résultat est allé au-delà de mes attentes. »


La jeune artiste âgée de 28ans, dont le phrasé musical ramène par moments à l’esprit l’univers de Yann Tiersen, a fait son entrée dans le monde de la composition en passant par la publicité, dans laquelle elle bosse toujours. Elle a entre autres, par le passé, mis de la musique sur une pub pour le quotidien The Gazette. Elle rêve également de composer de grandes musiques de film, des musiques poétiques, imagées, visuelles, sensibles et pleines d’émotions. Et bien sûr, l’aspiration se dit, mais elle s’entend aussi.