Le grand crescendo des Trois Accords

Ayant carte blanche pour le FEQ, les membres des Trois Accords promettent un concert unique.
Photo: François Pesant - Le Devoir Ayant carte blanche pour le FEQ, les membres des Trois Accords promettent un concert unique.

Le batteur des Trois Accords, Charles Dubreuil, était debout sur les plaines d’Abraham en juillet dernier au concert de Vincent Vallières, pour un des rares rendez-vous francophones du Festival d’été de Québec (FEQ). Par malheur, le concert avait été interrompu en raison de la pluie. Mais ce dimanche, c’est au tour de Dubreuil et de sa bande de joyeux lurons rockeurs d’y reprendre le chapeau franco. Et Les Trois Accords ont mis le paquet avec un spectacle en crescendo intitulé Les Trois Accords avec plein de filles, une grosse fanfare et des explosions de feu.


Ayant reçu des mains du FEQ une véritable carte blanche, les quatre musiciens ont pris le temps de monter un concert unique, qu’ils ne pourront pas vraiment reproduire dans leur très chargée tournée estivale de festivals. Dimanche, sur les plaines d’Abraham, ils seront précédés de Xavier Caféïne et du Français -M-.


« C’est quand même bien de mentionner que le FEQ fait des efforts pour faire de bons shows, de gros shows avec des artistes d’ici sur les plaines d’Abraham. Piasse pour piasse, ils ne perdraient pas d’argent à faire une soirée avec des artistes internationaux, explique Charles Dubreuil. On en organise, un festival [le Festival de la poutine de Drummondville], on sait comment s’opère ce genre de calcul là. C’est pas un effort qu’ils font, mais c’est une orientation artistique, éthique… et même politique. »


Une fleur ? Plutôt une récompense méritée pour ce groupe, qui a livré cette année son quatrième effort, J’aime ta grand-mère, un disque solide, fait d’un rock accrocheur et décalé.


À lui seul, le nom de cette soirée est prometteur. En entrevue, Dubreuil nous confirme le contenu de la soirée : il y aura en effet plein de filles, une grosse fanfare et… des explosions de feu.


Des invités à la pelle


Les filles d’abord. Côté voix, Les Trois Accords ont invité Coeur de pirate, Ingrid Saint-Pierre, Lisa LeBlanc et même Renée Martel - qui a enregistré avec le groupe Sur le bord du lac, une pièce tirée de J’aime ta grand-mère. Dubreuil promet aussi des majorettes.


Il y aura aussi une chorale de 45 voix ainsi que l’orchestre du Royal 22e Régiment, qui a accepté de jouer le jeu des Trois Accords le temps de quelques chansons, dont Dans mon corps et Elle s’appelait Serge. « Ça ne se passera pas dans les trilles de violon, mais dans la puissance des trombones, dans la grosse caisse, les cymbales ! » Et le feu ? « Au moment où on se parle, on n’a pas encore eu la réunion de pyrotechnie, mais je pense que, pour nous, ça va se résumer à mettre des gros X sur la scène pour nous montrer où ne pas marcher ! », dit le batteur en rigolant.


Avec tous ces gens, comment construire quelque chose de cohérent ? Il faut prendre le problème à l’inverse : s’il y a autant de gens, c’est que le groupe avait un filon à exploiter.


« Souvent, dans ce genre de travail, on va s’imposer des règles et on va essayer le plus possible de les respecter, explique Charles Dubreuil. Pour le concert de Québec, on voulait qu’il y ait de plus en plus de monde sur la scène, du début à la fin. On voulait que ça parte avec nous quatre, puis cinq, six, huit, dix personnes… On voulait que ce soit un crescendo infini d’humains qui font de la musique ensemble ! C’est un peu comme la composition de la chanson Retour à l’institut. Ça part d’une guitare, puis un gars qui tape à terre et dans ses mains, et puis ça monte et ça monte jusqu’au chaos à la fin. C’est ce modèle-là qu’on a appliqué au spectacle. »


Autre règle auto-imposée par Simon Proulx, Alexandre Parr, Pierre-Luc Boisvert et Charles Dubreuil : il fallait que ce concert soit « le plus naturel possible à jouer, le moins invasif possible » dans l’exécution des pièces. « On ne voulait pas réinventer tous les morceaux, parce qu’à ce moment-là, ça paraît quand t’arrives sur la scène, ça passe moins bien. On a la chance d’avoir un show qui est rodé, naturel, fluide, et on veut garder cette énergie et ce calme-là sur la scène. »


Mais avec des filles, une fanfare et des explosions de feu. Facile.

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