FIJM - Nicolas Repac, en noir et blues

Sur des échantillons de voix plongées dans le blues et des beats programmés, Repac signe l'accompagnement à la guitare. Des projections transforment la boîte noire en cage grillagée. Le ton est donné.
Photo: François Pesant - Le Devoir Sur des échantillons de voix plongées dans le blues et des beats programmés, Repac signe l'accompagnement à la guitare. Des projections transforment la boîte noire en cage grillagée. Le ton est donné.
Sur scène, une boîte noire, littéralement: le titre de l'album et du projet de Nicolas Repac, Black Box, s'incarne visuellement. L'artiste est à l'intérieur des quatre murs de toile semi-transparents, avec sa guitare, ses pédales, son ordinateur. Un espace de mémoire. Et un espace de création, qui va s'ouvrir peu à peu.
 
Chain Gang Blues débute dans le noir. Sur des échantillons de voix plongées dans le blues — Black Box se veut une exploration du blues, de sa source aux ramifications — et des beats programmés, Repac signe l'accompagnement à la guitare. Des projections transforment la boîte noire en cage grillagée. Le ton est donné. 
 
Repac enchaîne avec Bo's Lumberjack — version très cool repiquant Bo Diddley —, une ampoule nue allumée au-dessus de sa tête. Le musicien et producteur aime l'ombre et nous invite dans son studio, comprend-on. Pas de projecteur sur lui. L'attention est ailleurs. Sur la musique. Le blues. La vie que raconte le blues.
 
Suit All Ready, et la boîte noire devient une toile où l'on projette un film d'archives, tourné quelque part au début du siècle dernier. La trame est blues, de plus en plus. Ça groove en douce. La musique fait son chemin, de la tête, au coeur, aux pieds. Ondulations. 
 
Ainsi en sera-t-il du spectacle de Nicolas Repac: d'une pièce à l'autre, la boîte noire sert de lieu de souvenir, de rappel historique, de toile de projection. Puis elle s'ouvre sur le musicien, les projections prennent de l'ampleur, l'éclairage demeure minimal, tempo blues, on voyage, le Sud américain, Haïti, l'Afrique. Le blues coule, le blues mène, Repac guide la barque, Redemption Blues allume des flammèches, Muddy Waters apparaît au détour d'un refrain, Got My Mojo Workin'...
 
Le tout demeure empreint d'une grande sobriété, comme un appel à ce que le voyage soit intérieur. Nicolas Repac ne donne pas dans la virtuosité — si ce n'est la création d'une atmosphère riche —, ses interventions musicales live sont circonspectes, voire minimales. Les machines font l'essentiel. Mais la cohérence de la présentation et du métissage des sources sonores en font une expérience visuelle et auditive tout à fait réussie.

 

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