Un souffle de résistance

Sur scène, les membres du Soweto Gospel Choir chantent en sept langues des chants aux connotations spirituelles qui allient la culture traditionnelle africaine et la culture internationale.
Photo: Agence France-Presse (photo) François Guillot Sur scène, les membres du Soweto Gospel Choir chantent en sept langues des chants aux connotations spirituelles qui allient la culture traditionnelle africaine et la culture internationale.

Le Soweto Gospel Choir porte le nom d’un township de l’Afrique du Sud qui fut un symbole de la résistance à l’apartheid dans les années 1980. Son destin est aussi lié à celui de l’ex-président sud-africain Nelson Mandela, qui apparaît terriblement affaibli alors que le groupe s’apprête à s’envoler pour Montréal, où il clôturera le Festival international de jazz, le 6 juillet, sur la scène de la Maison symphonique.

Au bout du fil la semaine dernière, Kevin Williams, le directeur artistique, guitariste et claviériste de la formation, qui comptera quelque 24 chanteurs sur scène à Montréal, ne cachait pas son inquiétude ni sa tristesse. Pour bien des membres du groupe parrainé par l’archevêque Desmond Tutu, Nelson Mandela est considéré comme « un père et un grand-père ». Le Soweto Gospel Choir a notamment été l’ambassadeur de la campagne de Nelson Mandela pour combattre la propagation du virus du VIH en Afrique.


Sur scène, les membres du Soweto Gospel Choir chantent en sept langues des chants aux connotations spirituelles qui allient la culture traditionnelle africaine et la culture internationale. « Le gospel n’a pas de race ni de couleur », explique Kevin Williams.


En zoulou, en xhosa, en sotho ou en anglais, leur dernier album, Grace, reprend autant des chants traditionnels africains que l’Ave Maria ou Bridge Over Troubled Waters, écrite à la fin des années 1960 par le duo américain Simon and Garfunkel.


Fondé en 2002, le choeur, qui a depuis chanté avec des vedettes comme Bono, Peter Gabriel, Diana Ross ou Queen, a d’abord recruté ses chanteurs dans les églises de l’Afrique du Sud. « Il y a aujourd’hui des milliers d’églises chrétiennes indépendantes en Afrique du Sud, en plus des églises dont les dénominations sont connues à travers le monde, peut-on lire sur la pochette de leur deuxième disque, Blessed, dont la facture était plus résolument de tradition africaine. Les plus grosses églises ont de petits ensembles de musique, qui peuvent incorporer des styles du township ou encore des tendances modernes, comme le kwaito, une forme locale de hip-hop ou de rap, ou encore des formes de musique internationale, comme la soul ou le rhythm blues. »


Depuis la nuit des temps, en Afrique, la musique accompagne les grands événements, la naissance ou la mort, les mariages. Un bagage qui pèse alors que le complice de toujours, Nelson Mandela, est au plus mal.


« Traditionnellement, une voix solo peut s’élever, puis la communauté, ou une partie de celle-ci, répond. Il y a du mouvement, des hurlements, les gens tapent des mains et des pieds à mesure que la pièce progresse. Puis, les missionnaires chrétiens sont arrivés et la société africaine s’est mise à changer. […] Avec le temps, les styles musicaux des églises occidentales ont été intégrés et combinés avec les formes traditionnelles africaines pour créer un nouveau style unique et changeant de gospel africain », lit-on encore sur le disque Blessed.

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