25es FrancoFolies - Dans la bulle d’Albin

La musique d’Albin de la Simone a un je ne sais quoi de rêveur, et pourtant, il raconte des histoires bien réelles, personnelles.
Photo: Serge Leblon La musique d’Albin de la Simone a un je ne sais quoi de rêveur, et pourtant, il raconte des histoires bien réelles, personnelles.

Au bout du fil, quelque part à Paris, Albin de la Simone nous parle comme il chante. C’est doux, aéré, tranquille, plein d’esprit et lucide. Le chanteur et pianiste a fait paraître un magnifique disque au début de 2013, le trop peu connu Un homme. Ce jeudi soir à L’Astral, il nous plongera dans sa bulle pop et orchestrale.


Albin de la Simone est en train de chauffer sérieusement Thomas Fersen au titre de musicien français le plus présent au Québec. Sa première visite aux FrancoFolies date de 2004, et en tout et pour tout, il y est monté 11 fois sur scène. Et rien que cette année, il est passé quatre fois à Montréal. « À force de venir, c’est une ville que je connais mieux que Lyon, ou Bordeaux, explique le musicien né en 1970. Quand je suis à Montréal, j’y reste trois ou quatre jours. Tandis que si je vais faire un concert à Bordeaux, je repars le lendemain ! Alors chez vous, j’ai eu le temps de me faire tellement d’amis, par l’intermédiaire de Pierre Lapointe et Ariane Moffatt. C’est devenu ma seconde ville. »


Et on ne se plaint pas. La musique d’Albin de la Simone a un je ne sais quoi de rêveur, et pourtant, il raconte des histoires bien réelles, personnelles. Sur l’album Un homme, on découvre un être qui doute de ses talents de père et qui semble sortir d’un certain tourbillon émotif. Écorché ? « C’est compliqué de situer ça précisément, raconte celui dont on compare parfois le ton à celui d’Alain Souchon. Je suis un peu un meneur d’hommes quand même, je produis des disques et je dirige des musiciens tout le temps. Et en même temps quand j’écris, je ne trouve pas que la force soit un sujet intéressant. La force ne m’intéresse pas. J’ai plutôt besoin d’exprimer le doute, l’ajustement permanent, l’hésitation, le fait que la vie, c’est beaucoup plus complexe qu’une affirmation. »


Mais tout ce doute n’est pas lourd à l’écoute de ses pièces, car le natif d’Amiens aime bien insuffler quelques clins d’oeil dans ses pièces, dont sur Tu vas rire ou sur Mes épaules, où il se moque du « poids de son nom ridicule / de ce fantôme à particule ». « C’est pas moi qui l’ai choisi, ce nom, hein ! rigole-t-il. La plupart des gens, quand ils ne me connaissent pas, ils pensent que c’est un pseudonyme, ils pensent que j’ai décidé de m’appeler comme ça. Et ça m’énerve, parce que je passe pour un gars qui aurait décidé de s’appeler comme ça ! Et en plus en France, la particule, c’est un côté aristocratique, donc on m’imagine un peu avec une canne, un chapeau haut de forme, arrivant avec des bagues et parlant mal à tout le monde. De toute façon, c’est foutu ! »


Contrairement à l’habitude, c’est sur scène que ses chansons ont été créées, ce qui lui a en quelque sorte permis de reprendre le contrôle de sa voix. En jouant souvent en formations réduites, il a réalisé que moins il y avait de tension autour de lui, plus ses mots passaient. « Je l’ai remarqué aussi en dirigeant la dernière tournée de Vanessa Paradis, où j’avais réarrangé ses chansons, vous vous souvenez, on était venus à Wilfrid-Pelletier ? Dans son cas, c’était pareil, moins on essaie d’être rock et puissant, plus la voix s’épanouit. »


D’ailleurs à L’Astral ce jeudi, Albin de la Simone ne sera accompagné que par un violon et un violoncelle. Et au lieu de ses musiciennes habituelles, le Français a demandé à deux amies montréalaises, Mélanie Vaugeois et Annie Gadbois, de jouer avec lui. « Et sur scène, y a une seule enceinte posée à côté de moi. Ça donne une sensation de très grande douceur et d’intimité, et surtout, le son vient de nous, et pas d’une espèce d’écran géant. On est très en douceur, entre nous, et on communique sur cette fréquence-là, intime. »

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