FrancoFolies - IAM: une musique pas faite pour cent personnes...

Leur son reste classique, mais IAM a du rythme, du souffle, du talent, du magnétisme... et des bombes à la pelle.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Leur son reste classique, mais IAM a du rythme, du souffle, du talent, du magnétisme... et des bombes à la pelle.
Les gars d'IAM ont peut-être les tempes grises du haut de leur quarantaine avancée. Mais des traces de fatigue, ou de déclin, on n'en a pas vu du tout hier soir dans un Métropolis bondé qui sentait le printemps. Leur son reste classique, mais IAM a du rythme, du souffle, du talent, du magnétisme... et des bombes à la pelle. 
 
Déjà quand Akhenaton était passé à Montréal avec Faf Larage et leur projet We Luv New York il y a quelques années, on avait été saisi par leur maîtrise de leur art. Hier, avec toute la troupe des vétérans du rap — qui ont créé le groupe en 1989, quand même — c'était tout autant impressionnant, et même encore plus puissant, lourd, brillant. 
 
Les quatre MC, dont l'incontournable Shurik'n, ainsi que trois DJ étaient sur scène, tous vêtus de noir. Les voix et la basse étaient très fortes en début de concert, laissant un peu en plan les instrumentales, entre autres sur La Saga, tirée de leur classique, L'école du micro d'argent. 
 
IAM n'a pas été chiche sur les hits. Ils ont bien sûr offert quelques titres d'Arts martiens, paru il y a quelques mois, mais la formation n'a pas attendu longtemps avant de faire Petit frère, Nés sous la même étoile, Samouraï, Un bon son brut pour les truands et Quand tu allais on revenait. Entre autres. Comblée, chantant presque tous les refrains, la foule exultait, à raison. 
 
À mi-parcours, ils ont bien pris une pause avec Mon encre si amère et une pièce de Shurik'n, Comme vous, plus soul et plus lente. Mais c'était pour mieux relancer la fête avec une version éclatée de Je danse le mia, vieux classique d'IAM, et un peu plus tard de L'empire du côté obscur, avec en prime des sabres lasers et des échantillons de Star Wars. Non, mais! 
 
À les voir aller, devant un public en feu, on comprend encore mieux les mots d'Un bon son brut pour les truands: c'est «une musique pas faite pour cent personnes, mais pour des millions». Avant le rappel, Akhenaton a d'ailleurs tendu une perche aux FrancoFolies : «Ce qui nous ferait plaisir, c'est de revenir en extérieur et gratuit pour tout le monde.» Qu'elle serait belle la place des Festivals remplie de disciples d'IAM. Qu'on leur donne des bottes de sept lieues!

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