Oothèque et Les Hôtesses d'Hilaire aux FrancoFolies - Une question, une réponse

Francis Mineau, de Oothèque
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Francis Mineau, de Oothèque
«C'était bon?» La question inusitée et rigolote venait de Francis Mineau, qui présentait mardi soir sur la rue Sainte-Catherine les pièces de son projet solo, nommé Oothèque. C'est drôle, c'est justement la question qu'on se posait après 7 ou 8 titres. Et la réponse n'est pas tranchée. 
 
Oothèque, c'est un rock aux airs eighties, plein de claviers, qui souffle des émotions chaudes et froides à la fois. Démarré en force par Portrait d'une panthère et sa finale quasi métal, on a vite senti un creux de vague, une difficulté à faire tenir les pièces d'un lacet serré. Si Mineau a enchaîné ses pièces en début de parcours, il a pris à quelques reprises de longues secondes pour s'installer. Rien pour aider.
 
Sur scène, Mineau — d'abord révélé comme batteur de Malajube —, était entre autres accompagné de son coéquipier malajubien Thomas Augustin aux claviers et du guitariste Renaud Bastien, qui avait suivi ledit groupe lors de la tournée de Trompe-l'œil. Rien à dire sur l'exécution en soi du groupe, mais l'énergie semblait plus difficile à canaliser. Question de feeling, et on a songé qu'entre quatre murs, Oothèque vibrerait davantage. 
 
Quand même, Grizzly a profité d'une guitare pile dans le ton, et d'une finale de clavier totalement prog. Et le meilleur moment d'Oothèque hier a été la pièce Lycanthrope, funk et sexy avec ligne de basse vibrante. Là, on aurait répondu sans hésitation «oui!» à la question de Mineau. Le projet reste en début de parcours, la suite nous en dira plus.
 
Belle découverte
 
Plus tôt, le jeune groupe du Nouveau-Brunswick Les Hôtesses d'Hilaire — non mais, le nom! — a été vraiment surprenant. Peut-être parce qu'on n’en attendait absolument rien, mais la bande a fait passer l'heure de concert en un claquement de doigts. 
 
Pas que ça réinvente quoi que ce soit, mais la bande menée par le chanteur Serge Brideau sait y faire. Présence sur scène assumée, juste assez de mots et de blagues, refrains efficaces, interprétation juste. Sur des bases rock, Les Hôtesses d'Hilaire s'éparpillent peut-être un peu en plein de genres, passant du prog au classic rock, du stoner à un genre de rockabilly. Mais les membres du groupe sont habiles avec leurs instruments, particulièrement l'énergique batteur à la dégaine leste, et le claviériste qui a abondamment fait gronder son engin.
 
Sans être grivoise, la formation s'amuse à en lancer une salée de temps en temps et ne se prend pas trop au sérieux. La preuve ultime est arrivée en fin de concert alors que le chanteur a raconté une longue histoire menant à la rencontre d'un Éric Lapointe lui révélant qu'il était un dur au cœur tendre. Ou quelque chose du genre. 
 
Ne cherchez pas chez la formation néo-brunswickoise des airs et des «r» des Hay Babies ou de Lisa LeBlanc. Brideau tend un peu vers le chiac quand il nous parle entre les chansons, mais prend un français très normatif quand il chante. Une découverte prometteuse.

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