Le party ragga-reggae et le monde

Phil Messier de Mad’MoiZèle Giraf, Luca Pharand d’Oztara et Ian Lettre de Mad’MoiZèle Giraf
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Phil Messier de Mad’MoiZèle Giraf, Luca Pharand d’Oztara et Ian Lettre de Mad’MoiZèle Giraf

Les deux groupes ont en commun le goût de la fête et le reggae : plus roots dans le cas d’Oztara, ragga du côté de Mad’MoiZèle Giraf (MMZG). Le premier descend de la rue, est à tendance plus chanson, intègre les musiques latines et tziganes, alors que le deuxième plonge maintenant dans les univers du rock électro et de la world 2.0 avec son accent particulièrement quèbe. Oztara ouvre pour Mad’MoiZèle Giraf ce mardi soir aux Katacombes. Rencontre avec Luca Pharand d’Oztara, Ian Lettre et Phil Messier de MMZG.


« Moi, quand je compose, je pense le spectacle. La toune va-t-elle faire danser ? Pour Oztara, il faut qu’il y ait un party », affirme Luca Pharand. Ian Lettre de MMZG renchérit en riant : « Nous, après avoir commencé le groupe, on s’est dit qu’on pourrait peut-être aller plus loin dans l’écriture, arrêter de juste penser à la réaction des gens pendant le show, mais on n’a jamais été capables de sortir de ça. »


Oztara a émergé au début du millénaire et presque tous ses membres ont fait partie de la Chango Family : « À cette époque, Manu Chao a eu beaucoup d’influences à travers le monde et, dans ce sens, il s’est formé ici une scène un peu comparable à l’indie rock de maintenant. Il y avait une dizaine de bands. C’était l’effervescence. Sans Facebook, c’était la guérilla pour faire la promo. On passait des tracts et on placardait la ville. Tous les bands faisaient ça. » On pense aux Faux-Monnayeurs, à Manouche, à la Chango, à Polémil Bazar de Québec et aux autres.


MMZG est arrivé vers la fin de cette mouvance, jouant aussi bien dans les soirées hip-hop que reggae, devant souvent s’adapter entre le dancehall grouillant, des sets plus électros ou plus reggae, en groupe complet ou pas. « Asteure, les nouvelles technologies nous permettent de faire de l’électro et du roots en même temps. Ça se fait live et ça fitte », résume Phil Messier. Résultat : le groupe s’intègre aussi à la nouvelle scène world 2.0 comme le démontrent les collaborations avec Heavy Soundz et MR OK sur Capharnaüm, le plus récent disque.


L’album révèle des moments de nu cumbia, des accents de konpa et de rock électro, mais aussi toute la gamme de paroles chantées ou rythmées entre ragga, hip-hop et trad québécois. De son côté, le disque La parade, le p’tit dernier d’Oztara, fait entendre des touches de tango, de nuevo latino, de dub, de country et quelques éclats délicats d’électro. Dans les deux cas, la personnalité du groupe confère une signature homogène et le chant ou le flow sont portés par plus d’une voix.


« Pendant les tests de son, je dis toujours au soundman de mettre la voix de Claudanie Poirier au même niveau que la mienne. Elle n’est pas une choriste », explique Luca Pharand. Elle chante les refrains avec lui et interprète quelques pièces seules. Chez MMZG, Phil et Ian ont des rôles bien distincts : « Moi, j’aime beaucoup la rythmique vocale et la façon de débiter beaucoup de syllabes, le côté ragga », dit Phil. Ian en rajoute : « Ce qui est bien, c’est que Phil a une voix très grave, ce qui donne deux voix très différentes. Il y a aussi notre DJ MorZion qui pousse la chanson aussi. Il prend de plus en plus de place, ce qui fait qu’on est quasiment rendus trois MC. »


Reconnus pour leurs longues prestations, les deux groupes offrent un condensé d’une heure. Méchant party en perspective !


 

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