L’absurde en musique

Sèxe Illégal, duo de mythomanes farfelus, vient chanter les plus grands succès de sa carrière aux FrancoFolies.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Sèxe Illégal, duo de mythomanes farfelus, vient chanter les plus grands succès de sa carrière aux FrancoFolies.

Vestons sur le dos, de grosses lunettes fumées sur le nez, Paul Sèxe et Tony Légal ne décrochent pas une seconde de leur personnage. Ensemble, ils forment le groupe Sèxe Illégal, qui allie chanson rock et humour absurde, comme à la belle époque de Paul et Paul, mais en poussant le bouchon encore peu plus loin. Le duo, qui a connu une belle montée dans le monde de l’humour grâce à ses spectacles et à sa présence sur les réseaux sociaux, sera des FrancoFolies lundi soir avec Les Anticipateurs.

En parlant à Sèxe Illégal, il faut comprendre que les deux jeunes hommes au parler caricatural se sont créé un univers farfelu, dont ils ne dérogent pas. Le jeu est le suivant : Sèxe Illégal est un groupe de musique qui a connu une grande carrière et qui a fait un retour en 2012 avec une anthologie, 40 ans dans le chant. Et bon, puisqu’ils sont un peu drôles, ils songent à faire de l’humour. Ce n’est pas clair ? « Deal avec », qu’ils vous répondraient.

Le Devoir : Votre carrière a décollé récemment. Comment décririez-vous votre dernière année ?

Tony : 52 semaines.

Paul : L’année où on n’est pas allé à Pénélope, ni à Tout le monde en parle.

Tony : En même temps, si t’as écouté Pénélope à quelques reprises, je pense que c’est un accomplissement de ne pas y aller.

Paul : Nietzsche, yé-tu allé à Pénélope, lui ? T’as-tu vu Tolstoï à Tout le monde en parle ?

Votre anthologie compte 26 chansons, mais dure à peine 40 minutes. Ça ne fait pas long du morceau…

Paul : Ben nous, on sait s’arrêter. Je ne nommerai pas personne, comme Nicola Ciccone par exemple, qui peut s’étirer des fois et faire seulement douze pièces en une heure et demie.

Tony : Y a aussi que le temps c’est de l’argent, plus la crise économique. Je pense pas que les gens aient le budget pour un album d’une heure, donc nous on leur offre un 40 minutes compact, un espèce de carré aux dattes pesant pesant.

 

Sur scène, vous n’êtes pas toujours tendre avec votre public. C’est une relation amour-haine ?

Tony : C’est un rapport difficile. C’est comme des enfants, tu les aimes, mais ils t’énervent, et ça sait rien faire, faut tout leur apprendre, partir de la base, c’est très frustrant. Mais là, tranquillement pas vite, on commence à avoir des enfants rodés, ça fait plus qu’un show qu’ils viennent voir, ils comprennent le concept, et nous aussi on accepte un peu plus d’eux autres, ils vieillissent, ils ont une petite moustache molle et ils rentrent au secondaire.

Vous visez qui, en particulier, les jeunes branchés ?

Tony : J’irais avec la famille en disant qu’on aimerait beaucoup que les lecteurs du Devoir viennent voir nos spectacles. Je pense que n’importe qui pouvant lire plus que huit lignes sans photo mérite de voir un spectacle qui a été écrit sans faute.

Paul : Y a même des alinéas ! Tsé, m’en donné. Qu’est-ce que tu veux de plus ?

Tony : C’est des gens avec une culture générale un peu plus large, c’est plaisant de faire une blague des Frères Karamazov de temps en temps.

Lisez-vous Le Devoir ?

Tony : Oui, annuellement à plusieurs reprises. Pour les mots croisés. « If », un mot très important à savoir.

Paul : « Ut » aussi.

Avez-vous été surpris d’être invités aux FrancoFolies ?

Tony : On était très contents quand ils nous ont appelés. Nous, le général Franco, ç’a toujours été quelqu’un qu’on respectait. Bon y a eu certains petits dépassements, mais ça arrive à tout le monde, hein !

Et vous avez de nouvelles chansons en poche ?

Tony : On est en préparation de notre prochain disque, qui est un album de reprise. On va appeler ça simplement Cover Your Ears. On a traduit des chansons en français phonétiquement, et donc c’est très intéressant. Y a des pièces des Clash, de Leonard Cohen, de Clapton. Faque on va donner un avant-goût de ça pour les Francos, pour donner l’eau à la couche aux gens. Et on va évidemment reprendre nos succès à nous, on va tout mixer ça. On va être fidèle à nous-mêmes.

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