Festival de la chanson de Tadoussac - Une 30e édition touffue et touche-à-tout

Les Hay Babies ont livré samedi une prestation émouvante sur fond de Saint-Laurent.
Photo: Michel Pinault Les Hay Babies ont livré samedi une prestation émouvante sur fond de Saint-Laurent.

Lancer un festival loin des grands centres, le porter à bout de bras bénévolement pendant des années et parvenir à en faire un incontournable de l’été musical québécois est en soi un exploit. Mais les organisateurs du Festival de la chanson de Tadoussac y sont parvenus, et de belle façon.


L’événement fêtait cette année son 30e anniversaire fidèle à lui-même, naviguant entre les valeurs sûres et le plaisir de la découverte. Avec pour résultat une programmation touffue et touche-à-tout.


Au fil des ans, plusieurs artistes lancés en partie grâce au festival reviennent renouer avec l’intimité et la beauté de Tadoussac. Yann Perreau, par exemple, en était à son sixième passage. Pour présenter les pièces de son dernier album, À genoux dans le désir, il a eu droit à la scène de l’église. Beau clin d’oeil que de chanter les mots empreints de désir charnel du poète Claude Péloquin dans un tel lieu. Puissants, ces vers, livrés tout en simplicité par Perreau accompagné uniquement de deux musiciens. « Je ne vois pas le jour où on ne se verra plus », chante-t-il sur Vertigo de toi. On voulait le fredonner à la baie de Tadoussac en sortant.

 

Classiques et découvertes


Outre Yann Perreau, les habitués du festival ont aussi pu renouer contact avec plusieurs artistes qui n’en étaient pas à leur premier passage. On a surtout remarqué Damien Robitaille, Marie-Pierre Arthur ou encore Louis-Jean Cormier, sans Karkwa. Ce même Cormier qui est venu accompagner Lisa LeBlanc sur scène, le temps de Kraft Dinner, au petit matin dimanche.


Bernard Adamus, aussi, qui s’est offert un spectacle pour noctambules, faisant notamment résonner La foule d’Édith Piaf avec panache, à grand renfort de cuivres. Suivi de la joyeuse bande de Canailles, le marathon s’est terminé avec la lumière du jour.


Moment improvisé et émouvant, avec les trois filles des Hay Babies, samedi, sur la promenade. Avec le Saint-Laurent en toile de fond, elles ont séduit la petite foule rassemblée pour venir entendre la nouvelle sensation venue du Nouveau-Brunswick. On parie que le succès suivra. Elles seront d’ailleurs aux FrancoFolies cette semaine.


Du côté de l’épicentre festif qu’est le secteur de l’auberge de jeunesse, on a surtout noté la force de frappe de Propofol et de Ponctuation. À revoir. Même chose pour Keith Kouna.


Et comme le beau temps a encore une fois été au rendez-vous, « le plus grand des petits festivals » a fait village comble. Difficile d’imaginer que Tadoussac puisse accueillir davantage de visiteurs. Mais ambiance festive aidant, on n’a pas vu le temps passer.