Disque - Siach Hasadeh, Song of the grasses

Composé du clarinettiste Yoni Kaston et du contrebassiste Joel Kerr, le duo montréalais Siach Hasadeh retrace des chants de dévotion hassidiques qui deviennent le véhicule d’une exploration musicale universelle laissant une large place à l’improvisation et aux dialogues. Le genre le plus favorisé est le nigun, un chant sans paroles, très mystique, à la forme dénudée. Plusieurs pièces sont construites en duo, d’autres font place à des invités comme Jason Rosenblatt à l’harmonica et Ismail Fencioglu à l’oud. À cela s’ajoute un duo de violon et violoncelle, ce qui permet de rapprocher quelque peu de la musique de chambre. Kerr joue alors à l’archet, ailleurs, il se fera vaguement jazz ou très dense. Kaston joue avec le souffle et le rythme, devient atmosphérique, allège parfois les brisures sonores et le caractère tragique. Il s’en dégage une belle atmosphère de quiétude, même quand la pulsion devient plus rapide.