Une année marquante avant le retour de Nana Mouskouri

Nana Mouskouri est de passage à Montréal.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Nana Mouskouri est de passage à Montréal.

L’année 2013 sera celle des grandes retrouvailles pour Nana Mouskouri. La chanteuse, venue au Québec pour annoncer son retour sur scène prévu pour l’automne prochain, a reçu lors de son passage la médaille de l’insigne d’officière de l’Assemblée nationale et été honorée d’un doctorat honoris causa par l’Université McGill.


Celle qui s’est fait connaître au Québec lors d’une première tournée en 1965 a humblement déclaré jeudi, lors de la cérémonie de remise des grades à McGill : « C’est un grand honneur, un privilège de recevoir ce prix, dit-elle. Je ne pensais pas qu’une chanteuse pouvait obtenir un doctorat ! »


La chanteuse grecque, devenue une chouchoute de la francophonie et des Québécois après avoir entonné à travers le monde des airs de Vigneault, de Jean-Pierre Ferland et de Leonard Cohen, avait aussi réagi avec émotion cette semaine lors de la cérémonie qui lui a été réservée à l’Assemblée nationale du Québec. « Vous m’avez adoptée et ce fut le début d’une grande histoire d’amour avec le Québec et le Canada. Votre culture a enrichi mes valeurs. […] Merci de me faire sentir comme si je revenais chez moi », a-t-elle dit, faisant référence à la chanson Je reviens chez nous, une pièce de Jean-Pierre Ferland, intégrée très tôt à son répertoire et chantée dans sept langues.


La première fois, en 1965


Nana Mouskouri avait fait la rencontre du public québécois pour la première fois à l’occasion d’une tournée nord-américaine entreprise avec le chanteur et acteur Harry Belafonte en 1965. Le 10 mai de la même année, le public réuni à la Place des Arts avait chaudement applaudi son interprétation de la chanson emblématique Un Canadien errant, écrite en 1842 par Antoine Gérin-Lajoie, évoquant l’exil des rebelles du Bas-Canada et la Déportation des Acadiens.


Les honneurs reçus au Québec ont redonné énergie à l’interprète des fameux Parapluies de Cherbourg et de Comme un soleil, qui prévoit donner le coup d’envoi à sa tournée Happy Birthday le jour de son anniversaire, le 13 octobre, à Athènes, capitale de son pays d’origine. Après une absence de cinq ans, Mouskouri reprend la route et fera le tour du monde avant de s’arrêter au Canada au printemps 2014, où elle donnera un concert le 5 avril à la Place des Arts et le 10 avril au Grand Théâtre de Québec.


« Je prends une pause de ce silence », a-t-elle simplement dit jeudi.


Au cours de ses 50 ans de carrière, l’interprète a entonné plus de 1550 chansons dans plusieurs langues, dont l’allemand, le grec, l’italien, l’espagnol, le gallois, le japonais et l’hébreu. Mais c’est le public francophone, en France et au Québec, qui lui a réservé l’accueil le plus généreux, avec quelque 15 millions de disques vendus dans l’Hexagone. La chanteuse revendique des ventes en carrière de plus de 300 millions d’albums à travers le monde.


Née en Crète, la jeune Nana, qui a amorcé sa carrière à l’âge de 24 ans, a connu une enfance troublée par l’occupation des troupes nazies. L’implication de son père dans les mouvements de résistance a influencé ses engagements ultérieurs, notamment comme élue au Parlement européen entre 1994 et 1999 et à titre d’ambassadrice pour les droits des enfants auprès de l’UNICEF depuis 1993. En 2005, près de 50 ans après avoir enregistré son premier disque, elle entreprend ce qu’elle croit être une tournée d’adieu, qui la mènera de l’Europe à l’Australie. Mais ce n’est qu’en 2008 qu’elle mettra définitivement un terme à ses apparitions sur scène, lors d’un double concert donné en juillet en Grèce. Mais au terme de ce long silence, Nana Mouskouri décidait récemment de remonter sur les planches.


« Chanter était mon premier amour, qui m’a toujours aidé à respirer… Il m’a aidé à espérer et à réaliser qu’il devrait y avoir de l’amour et de la paix autour de nous ! On n’arrive jamais quelque part. On est toujours à mi-chemin. »

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