Disque - Magillah, Fotografie

Ex-leader de Kleztory, l’accordéoniste Henri Oppenheim plonge avec Magillah dans une musique plus sale. L’âme juive est préservée et le klezmer y est même mis en avant, tout comme la chanson yiddish. La chanteuse comédienne Michelle Heisler s’avère très expressive, sensible et un brin théâtrale, alors que la violoniste Julie Triquet peut, à l’image du répertoire, s’avérer grinçante autant que larmoyante. On danse et on pleure, à fond de train dans les deux cas. Les repères sont souvent prévisibles, mais le batteur cogne et le guitariste s’empreint de groove des années 1970. Puis on va vers la fusion, avec le jazz et la ballade lounge, le blues, le reggae, le shuffle et même le disco. À la fin, il y a même un reel à la Ti-Blanc Richard caché dans le lyrisme lent et très ornementé du violon. Les genres abordés ne révolutionnent rien, mais il y a le mélange inédit et la manière Oppenheim : que du vrai, que du senti, que du bon !