7e gala des Syli d’or - La musique colombienne à l’honneur

Bumaranga, c’est le rappel des esclaves africains, le carnaval au village et les instruments traditionnels en avant.
Photo: Kaji Bumaranga, c’est le rappel des esclaves africains, le carnaval au village et les instruments traditionnels en avant.

Jeudi soir, dans un Cabaret du Mile-End très animé, deux des trois groupes finalistes de la vitrine des Syli d’or étaient d’ascendance colombienne. Ils ont remporté les deux premiers prix : l’or à Bumaranga et l’argent à Raices, Caña y Son. Le groupe Grre en famille s’est quant à lui mérité le bronze, alors que Joyce N’Sana, qui ne participait pas au gala de la finale, a remporté le prix Mondomix Syli d’or en plus de recevoir une mention spéciale du jury des demi-finales.

Bumaranga, c’est le rappel des esclaves africains, le carnaval au village et les instruments traditionnels en avant : un groupe qui tombe en plein dans la vague afro-colombienne des dernières années avec des rythmes comme la puya et le mapalé. Sous l’impulsion de Juan Sebastian Quiros, le groupe explore des percussions comme la tambora et le tambour alegre ou des vents comme la gaita et la flûte de millo. La musique y est souvent frénétique, et jeudi soir, le groupe a attaqué dès le début avec trois tambours, des maracas et une guitare électrique qui n’était pas sans rappeler le son des années 1960 et 1970. S’en dégage une mixture irrésistible qui passe aussi par une cumbia beaucoup plus primitive que celle des villes et des improvisations minimalistes avec des sonorités ancestrales rugueuses. Sur cela, s’ajoute la voix puissante de la chanteuse Stéphanie Osorio.


Raices, Caña y Son propose un autre portrait de la Colombie, celui d’un pays très ancré en Amérique du Sud, avec des genres comme la milonga, la samba, la salsa et, comme ce fut le cas jeudi, le festejo afro-péruvien. Mais la portion colombienne du répertoire du groupe occupe une place importante avec le bambuco, le currulao, le joropo et aussi la cumbia, qui n’est pas aussi primitive que celle de Bumaranga. Le son de Raices, Caña y Son est à tendance roots, mais on y entend plus de cordes que chez les précédents. Le joueur de tiple Adrian Manrique est d’ailleurs excellent.


Grre en famille, le lauréat du Syli de bronze, donne dans la veine du reggae acoustique, dans la lignée de Tryo, mais avec un violoncelle, deux violons et un accordéon. On augmente aussi la cadence vers le ska, on ajoute des inflexions est-européennes, on rape un peu là-dessus, on se donne un flot ragga et on se plonge dans l’attitude rock avec un solo de guitare psychédélique sur une vision du Montréal actuel, saisi en anglais et en français par Gregory « Grre » Gstalder, charismatique chanteur guitariste venu du Midi de la France.


Organisée par les Nuits d’Afrique, la vitrine des Syli d’or a permis à 36 artistes de se produire au Balattou entre le 19 février et le 17 avril. Puis, neuf d’entre eux furent retenus en demi-finales. Lors du gala de jeudi, le vote du jury de l’industrie a compté dans une proportion de 75 %, et le public était également invité à se prononcer. Les meilleurs moments des trois finalistes paraîtront sur une compilation réalisée par les Nuits d’Afrique, qui comptait cette année sur l’ajout de deux partenaires internationaux majeurs : les Français de Mondomix et les Américains d’Afropop Worldwide.


Plusieurs prix sont offerts aux gagnants. Par exemple, Bumaranga se produira lors de la prochaine vitrine de Mundial Montréal et chacun des trois groupes a la possibilité de participer à l’un ou l’autre des sept festivals partenaires des Syli. En plus d’une présence au prochain Festival international Nuits d’Afrique, qui se déroulera du 9 au 21 juillet.


Collaborateur