Les femmes et le balafon au festival Musique Multi-Montréal

L’harmoniciste Franco Luciani est l’un des plus brillants musiciens de l’actuelle génération en Argentine.
Photo: Alejandro Jueguen L’harmoniciste Franco Luciani est l’un des plus brillants musiciens de l’actuelle génération en Argentine.

Pour sa 23e mouture, le festival Musique Multi-Montréal (MMM) propose deux orientations : les femmes et le balafon. En avant-plan : les chanteuses Irem Bekter, Môta et Patricia Cano, l’harmoniciste Franco Luciani, le duo Kouyaté-Neerman et un lot de trésors montréalais, dont Adama Daou, Laetitia Zonzambé et Vox Sambou. Ils se produiront du 26 avril au 4 mai, au Théâtre Plaza, au Petit Medley, au Gainzbar, aux Bobards, au CFC et à la Maison de l’Afrique Mandingo. Un miroir de la ville qui vibre.

Trois des quatre grands concerts du Théâtre Plaza sont offerts par des femmes. La directrice artistique Guilaine Royer parle des interactions entre les artistes : « Dans chacune de ces soirées, il n’y a jamais qu’un seul groupe sur scène. Les artistes vont présenter leur répertoire, mais il y a toujours un échange avec les autres. » Ainsi bat MMM.


En ouverture, Irem Bekter, qui a longtemps vécu sur la terre de Gardel, fait venir Franco Luciani, l’un des plus brillants musiciens de l’actuelle génération en Argentine. Harmoniciste polyvalent, il maîtrise aussi bien le tango que les autres folklores du pays. Il s’amène avec le pianiste Daniel Godfrid, et le quatuor D’Harmo sera aussi des leurs.


De Madagascar arrive la pianiste Môta. Elle chante et met des poèmes en musique. Guilaine la présente : « Elle vient d’Antananarivo, mais s’inspire beaucoup d’une forme particulière de jeu et de chant. Un jour, un roi des Hauts Plateaux a acquis un piano et composé des chansons. De là est née une façon de faire que Môta reprend à son compte. »


Il y a aussi cette soirée à tendance afro-péruvienne avec le Montréalais Ramon Cespedes, qui ouvre, en trio de percussionnistes, le ballet Un don en la sangre, ainsi que Patricia Cano, une chanteuse d’émotion de Sudbury et de souche péruvienne. À son répertoire, qu’elle interprète majoritairement en espagnol, elle injecte des sonorités du Brésil et del Norte.


Cette année, le balafon est à l’honneur. Ancêtre du xylophone et du vibraphone, c’est un formidable instrument, à la fois rythmique et mélodique, fait de lames en bois et de petites calebasses. « En Afrique, il est accordé selon la langue de l’instrumentiste. Il peut parler et dégager des mots qu’on peut comprendre », explique la directrice artistique. Pour le mettre en valeur, trois artistes de calibre international : le duo Kouyaté-Neerman, qui marie le balafon au vibraphone, de même qu’Adama Daou, balafoniste et nouveau Montréalais.


Parmi les nouvelles créations montréalaises au programme de MMM, signalons Sanza de Läetitia Zonzambé, qui s’inspire aussi bien des berceuses, du conte, des polyphonies pygmées que du beat box et de la world 2.0. Une partie du projet sera intégrée au concert habituel de la chanteuse avec toutefois une nouvelle équipe, dont l’excellent percussionniste Moïse Yawo Matey, également conseiller musical de MMM.


Restent le reggae aux ponctions haïtiennes du rappeur Vox Sambou, la chanson chilienne bellement renouvelée de Color Violeta, la fiesta consciente de Colectivo, l’afrobeat mordant d’Afrodizz, les muses asiatiques dans le dub de Komodo et les événements gratuits comme les ateliers de balafon ou ces concerts d’Isaac Neto avec Catherine-André Martel ou de Mohamed Masmoudi avec Morgan Moore. On MMM !


 

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