Concert classique - La lumière de Vasks

Le violoniste et chef Anthony Marwood présentait à Montréal, mercredi et jeudi, un superbe programme repris deux fois ce vendredi au Palais Montcalm à Québec. Un programme recommandé à ceux qui apprécient un son nourri de cordes, tel qu’on l’entend avec intensité dans Tchaïkovski, mais aussi et surtout à ceux qui pensent que la création musicale contemporaine est condamnée à l’inanité.


Grâce à Marwood, aussi bon violoniste que meneur, nous avons enfin eu la chance d’entendre Distant Light, le concerto pour violon du Letton Peteris Vasks, créé en 1997 par Gidon Kremer au Festival de Salzbourg. Il est fort dommage, sinon scandaleux, que, lorsque l’OSM fait venir Kremer à Montréal, c’est pour lui faire jouer Tchaïkovski ou Sibelius, alors même que ce musicien, mine d’or en matière de répertoire, a créé tant d’oeuvres fascinantes jamais entendues ici.


Marwood et Les Violons du Roy ont convaincu l’auditoire de la pertinence de Distant Light dans notre paysage culturel. Vasks nous parle. Il nous parle de rêves, de souffrance, d’espoirs et, surtout, d’élans brisés, à en juger par la structure en sections de l’oeuvre, dans laquelle des ascensions violonistiques se brisent soudain. Il y a heureusement une foi dans la vie, dans ces envols sans cesse recommencés et dans ces processus de régénérescence.


Je n’en démordrai pas : Vasks est un grand compositeur et il restera dans l’histoire. Marwood a très bien défendu Distant Light, même si on aurait aimé qu’il ne claque pas tant des talons.


Sur le modèle d’un Johann Strauss, il a mené Les Violons du Roy au succès dans Tchaïkovski, avec une excellente cohésion, des tempos sensés et un bel équilibre. À ce titre, le fait de surélever les violoncelles, une première à la salle Bourgie, s’est avéré une excellente idée, notamment dans l’Élégie.

À voir en vidéo