Le génie de John Zorn balaie Victoriaville

Dans le cadre du Festival international de musique actuelle de Victoriaville, Zorn se produira dans concerts différents.
Photo: Agence France-Presse (photo) Georges Gobet Dans le cadre du Festival international de musique actuelle de Victoriaville, Zorn se produira dans concerts différents.

Oyez, oyez ! Amateurs de John Zorn, du fou soufflant, du décanteur des notes qui comptent, sachez qu’au jour d’aujourd’hui vous avez remporté le pactole. Oui, oui, oui… La preuve ? Dans le cadre du Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV), Zorn, qui mérite vraiment le qualificatif de génie, se produira dans le cadre de cinq concerts… différents !


Allons-y pour la déclinaison… Wow ! On vient de composer un vers normand. Non ? Eau quai, passons. Au cinéma Laurier de Victo, Zorn va diriger un trio de jazz flanqué d’un quatuor à cordes situé aux côtés d’un choeur féminin. Titre du show ? The Classic Connection, pour lequel le saxophoniste a composé trois oeuvres.


Ensuite, à 16 h pour être ponctuel, notre New-Yorkais va animer The Song Project. De quoi s’agit-il ? Il a demandé à Mike Patton, Sean Lennon, Jesse Harris et Sofia Re de lui écrire des paroles qu’il va couler dans ses compositions. Celles, chers amateurs et lecteurs, qu’il a signées pour son quartet de jazz lors des enregistrements d’Alhambra Love Songs et d’At the Gates of Paradise.


Ensuite (bis), à 19 h 30, le pianiste et organiste John Medeski va se joindre au trio Moonchild « pour interpréter le plus récent cycle de compositions dédiées à ce groupe, mélange de primitivisme et de spiritualité », est-il précisé dans le communiqué. Après quoi, à 22 h, ce sera The Dreamers et Electric Masada. Yes ! Ça va décaper. En gros comme en détail.


Cela étant, dans le communiqué évoqué, on rapporte ces mots de Zorn : « J’ai approché les diffuseurs qui, au fil des années, m’ont appuyé sans relâche. Et Michel [Levasseur, directeur artistique du FIMAV] est très certainement au sommet de cette liste. » Cela en dit long sur l’affection que cet artiste essentiel porte à cet événement que Levasseur et ses complices mènent à bout de bras avec un courage et une prise de risques admirables à tous égards.


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Le pianiste Harold Mabern est un malin. Là où beaucoup ont rendu hommage à Thelonious Monk, Duke Ellington ou encore Frank Sinatra, lui nous arrive avec un coup de chapeau, musical s’entend, à Sammy Davis Jr. Malin, malin.


Pour mener à bien cette aventure, cet immense pianiste a fait appel aux services de messieurs qui collent avec grâce à l’esthétique classique du jazz, soit Eric Alexander au saxophone ténor, John Webber à la contrebasse et Joe Farnsworth à la batterie. Leurs reprises de standards sont autant de délices.


Quoi d’autre ? Il y a surtout que Mabern s’avère l’héritier par excellence de Hank Jones, de Tommy Flanagan, de Roland Hanna et de Wynton Kelly, soit la grande lignée des classiques. Le titre de l’album ? Mr. Lucky sur étiquette High Note.


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Dans le dernier numéro du mensuel Jazz Magazine, on propose une entrevue avec Wayne Shorter et une autre avec Henri Texier. Cette dernière, au demeurant très longue, est aussi passionnante qu’incontournable, car Texier, musicien essentiel, détaille au fond l’histoire du jazz à Paris depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il y est autant question de Dexter Gordon et de Bud Powell que de Michel Portal et de Daniel Humair.


La deuxième partie de ce document, dans le sens le plus historique du terme, sera disponible dans le courant du présent mois.

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