Vagabondages et autres rêveries

Les trois membres de Bon Débarras peuvent swinguer, plonger dans le cajun, reeler ou turlutter en douce et même rapper.
Photo: Jean-François Bérubé Les trois membres de Bon Débarras peuvent swinguer, plonger dans le cajun, reeler ou turlutter en douce et même rapper.

Bon Débarras est un trio trad, mais ses racines sont plus proches de l’américanité que du monde celtique. Son répertoire est fortement teinté par les errances, voyageries, flâneries et autres façons d’arrêter le temps qui passe trop vite. Ses trois membres peuvent swinguer, plonger dans le cajun, reeler ou turlutter en douce, mais aussi métisser, harmoniser brillamment, inventer des motifs percussifs, texturer les ambiances intimes et même rapper. Avec Errance, leur deuxième disque, ils ajoutent la contrebasse et plusieurs autres surprises. Lancement à l’O Patro Vys, mardi 9 avril.

« C’est un album beaucoup plus personnalisé que le premier et tous les textes sont originaux sauf un, traditionnel cajun », affirme Dominic Desrochers, chanteur, multi-instrumentiste et mordu de danses percussives. Sa palette de création passe par la guitare, l’ukulélé, l’harmonica, la guimbarde, la gigue, le gumboot sud-africain et le slam, entre autres. « On regardait les textes en cherchant un titre. Le thème de l’errance est vite apparu, par le voyage, mais aussi par le côté onirique et l’intériorité. On se retrouve là-dedans, à s’évader. »


Dans ce disque, Bon Deb’crée aussi un autre type de folklore imaginaire, en délaissant la route des Roms qu’il avait explorée sur le disque de 2009, au profit de métissages Nord-Sud, d’inflexions maliennes et de climats atmosphériques sans frontières apparentes. Cela s’explique en partie par le départ de Luzio Altobelli et l’arrivée du contrebassiste Cédric Dind-Lavoie. Mais sur ce disque, les deux s’y trouvent, comme pour faire la passation en douce.


« Pour remplacer Luzio, on cherchait un artiste polyvalent, multi-instrumentiste, qui a la même vision du métissage que nous. Le principal instrument de Cédric est la contrebasse, mais il joue aussi de l’accordéon et possède une très belle voix. La contrebasse a amené du “oumf”, et on a maintenant un son de band qui est vraiment complet. » D’autant que Jean-François Dumas, l’autre larron, est un chanteur homme-orchestre à lui seul, qui pimente le répertoire de banjo, de guitare, d’harmonica, de podorythmie, de guimbarde, de ti-fer, de cajon ainsi que de percussions corporelles et métalliques. Rien de moins !


Il y a aussi la manière Bon Deb’: des unissons du Reel Facile de Stéphane Venne à la Prison Song de La chanson du forçat de Gainsbourg ; de la tendresse dans la turlutte au olé olé cajun bien slaque ; des effluves de country blues au bon vieux swing et au piano dixie ; de l’attitude rock and roll en acoustique au folk improvisé. Sans compter cette reprise de Chien fidèle d’Alain Lamontagne qui est disponible sur iTunes. Bon son, Bon Deb’.


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