Disque - Charles Lloyd, Hagar's song

Comme on dit en langue populaire : « C’est de la belle ouvrage. » C’est ciselé, poncé. Quoi donc ? Hagar’s Song, le nouvel album du saxophoniste Charles Lloyd, l’immense Lloyd. C’est également un splendide exercice de politesse. Oui, oui, oui… de politesse ! Car le pianiste Jason Morgan, l’unique accompagnateur, et Lloyd déclinent toutes les nuances inhérentes au respect musical de l’un envers l’autre. Cela rappelle d’ailleurs le sommet du genre, soit l’extraordinaire ballade à deux que Stan Getz et Kenny Barron effectuèrent il y a une quinzaine d’années. Autrement dit, Hagar’s Song est l’exemple achevé du voyage mené dans l’histoire du jazz et des musiques populaires. Figurez-vous que Mood Indigo de Duke Ellington voisine I Shall Be Released de Bob Dylan, le God Only Knows du Beach Boy Brian Wilson suit le Rosetta du pianiste Earl Hines. Entre ces morceaux, il y a cette suite, Hagar’s Song, qui, elle, est un voyage dans le sens le plus géographique du terme ; Lloyd étant aussi explorateur que souffleur. On le répète, ce disque c’est de la très « belle ouvrage ».

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